Je doigt
(seins d’esprit)
Possédée du démon de l’Évangile, je nourris mon identité éberluée de mon algorithme – facteur d’imaginaire ou de paranoïa sans signe de reconnaissance fantomatique plus qu’épiphanique. Dotée d’un tel double plein de fausses pistes, je reste bien plus discret qu’un Pierre Le Pillouër presque aussi connu qu‘Ulysse et que Rustin (moins créateur de la rustine et de l’anagramme « intrus »). Le sommeil fragile, je jacasse en émue émule et vertueuse virtuose.
Statufiée (comme au Père Lachaise) en m’as-tu vu, mon moi haïssable joue de la gonflette. Mais je reste narcisse ascète, dupe du non dupe et plus transparente que révolutionnaire. En digne Diafoirus, je liquide mes repentirs. Mais jusqu’à quand ? Nul ne peut le dire. Mais je suis impatiente de formater mon affliction. Mes mots la colonisent. Moins intruse que les autres et pas plus navrée qu’eux en nos jeux d’échecs, de ma condition humaine ne reste que mon métal où j’accueille ce qui vient, surprend ou émerveille en passant par toutes mes pensées.
jean-paul gavard-perret
Photo : Kourtney Roy