James-Matthew Barrie, Peter Pan

James-Matthew Barrie, Peter Pan

Tout le monde connaît Peter Pan, mais rares sont les lecteurs qui, aujourd’hui, se souviennent du nom de son créateur, James Matthew Barrie, plus connu sous la signature de J. M. Barrie.
Ecrivain et dramaturge écossais, célèbre pour avoir créé le personnage de Peter Pan, baronnet, il est né en 1860 à Kirriemuir (Écosse) et mort en 1937 à Londres. ll fut le neuvième enfant et le troisième et dernier garçon de la famille. Son père, David Barrie, est ouvrier tisserand et sa mère, Margaret Ogilvy, était la fille d’un maçon qui avait assumé les responsabilités de sa défunte mère à l’âge de 8 ans. Elle lui donna le goût de la fiction en lui lisant des histoires, dont les « Mille et une nuits » et « Robinson Crusoë » de Defoë.

Le fils préféré de sa mère, David, qui avait à peu près le double de son âge (13 ans), mourut lorsque James Matthew n’avait pas encore sept ans. Il essaya de le remplacer dans le cœur de sa mère, allant jusqu’à s’habiller avec les vêtements du défunt pour s’identifier à lui. L’enfance de J. M. Barrie est marquée par ce drame et le petit James se construit sur une fêlure. Toute sa vie, il essaye d’emporter l’amour de sa mère, mais n’y parvient jamais tout à fait. Il se donne mission de consoler sa mère de cette perte et son besoin d’écrire provient très probablement d’une volonté de récréer le monde en niant le drame, le thème de la jeunesse éternelle est récurrent dans son œuvre.

Il travaille comme journaliste dans différents journaux et compose une petite pièce, Le Fantôme d’Ibsen, qui tourne en dérision le dramaturge norvégien, alors très apprécié de la scène londonienne. Barrie rencontre son compatriote Conan Doyle avec qui il devient ami et sa pièce, A professor’s love story, rencontre également un grand succès en 1894. La même année, il épouse l’actrice Mary Ansell, actrice principale de l’une de ses pièces
J. M. Barrie était un homme menu et fluet, de petite taille. On a parfois souligné sa démarche quasi-enfantine (tel son héros Peter qui ne veut pas grandir). On suppose, sans la moindre preuve, que ce personnage atypique était asexuel et que ce fut l’une des raisons du divorce (cf. le syndrome de Peter Pan).

Le personnage de Peter Pan apparaît pour la première fois dans un roman fantaisiste intitulé Le petit oiseau blanc. J. M. Barrie développe le personnage de Peter pour créer la pièce de théâtre « Peter Pan, ou le garçon qui ne voulait pas grandir » et sa carrière n’eut plus d’interruption.
Peter Pan a donc fait ses débuts sur les planches, en compagnie de la fée Clochette, du capitaine Crochet et des autres figures d’un pays imaginaire, le Neverland. Deux ans plus tard, les chapitres du roman de 1902 où figure ce jeune héros sont repris sous le titre Peter Pan dans les jardins de Kensington en un volume orné de planches d’Arthur Rackham. En 1911, un nouveau roman, Peter et Wendy, réorganise et complète l’histoire portée à la scène et restée inédite. Barrie ne publia qu’en 1928 sa pièce, dont il a retouché le texte pendant plus de vingt ans. Toujours jouée avec succès sur les scènes anglophones, elle restait jusqu’ici confidentielle en français.

James-Matthew Barrie, Peter Pan, Édition de Cornelius Crowley, Jean-Michel Déprats & Philippe Forest, Galimard, collection « Bibliothèque de la Pléiade » (n°684), 2026, 1168 p. – 67,00 €.

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