Jean d’Aillon, Un Monde perdu

Jean d’Aillon, Un Monde perdu

Jean d’Aillon fait des infidélités à son genre littéraire de prédilection, le roman policier historique. Il propose, avec ce nouveau livre, un thriller contemporain où il mêle données scientifiques, enquêtes mouvementées, avec une pointe de fantastique.

Aux États-Unis, des asiatiques recrutent un baroudeur et le forme pour accomplir une mission délicate. Il s’agit de s’introduire dans un laboratoire très protégé pour y voler des données relatives aux traitements menés sur des animaux. Mais le visiteur est repéré par un robot qui le jette dans une cage déjà habitée.
C’est un pêcheur qui retrouve son corps quelques jours après. L’examen de son cadavre suscite de nombreuses interrogations.
Près d’Aix-en-Provence, Stéphanie Dorgival reçoit une nouvelle visite d’un agent immobilier. Celui-ci, accompagné d’un homme de mains, réitère sa proposition d’achat de sa propriété pour Jacques Asgardi. Ce milliardaire possède un gigantesque domaine où il a installé des laboratoires de recherches sur l’ADN pour faire revivre des espèces animales disparues. Il lui faut les terres de Stéphanie. Or, malgré les pressions, elle résiste.
Un nouveau cadavre, aussi étrangement mutilé que celui découvert aux USA, est trouvé en Provence.
Stéphanie a un neveu, Maxence Cavendish, qui travaille pour le FBI. Informé, il fait le lien entre les deux affaires et alors que sa tante est encore l’objet de menaces de plus en plus violentes…

Un monde perdu est un roman basé sur des manipulations génétiques qui vont se révéler une menace bien réelle. L’enquête, menée conjointement par la police française et le FBI, s’articule autour de meurtres générés pour de l’espionnage scientifique et des attaques d’animaux qui ne devraient plus exister.
L’histoire se déroule essentiellement en France, dans la région d’Aix-en-Provence, et aux États-Unis. Divers décors comme des laboratoires d’analyses, des lieux de concentration des forces de l’ordre, sont mis en scène.
Un quatuor de héros porte le récit. Outre Stéphanie Dorgeval, femme forte et déterminée, son neveu Maxence Cavendish, se mêle à l’intrigue Michelle Yang, une amie de Stéphanie. Cette dernière fait preuve d’une grande intelligence et possède une maîtrise des arts martiaux fort utile. Ils doivent lutter contre Jacques Asgardi, un milliardaire qui dirige une société qui travaille sur la génétique et qui est prêt à tout pour atteindre ses buts.

Jean d’Aillon utilise la résurrection d’espèces disparues, la désextinction, comme sujet de son livre et explore, avec brio, les enjeux éthiques et les dangers de ces manipulations génétiques. Il montre des liens forts entre le pouvoir et la corruption, l’impunité dont bénéficient des ultra-riches.
L’auteur enchaîne sans temps mort les différentes phases de l’histoire, multiplie les personnages et développe de belles intrigues secondaires.

Avec Un Monde perdu, Jean d’Aillon offre un thriller scientifique efficace, mêlant enquête de type policier, suspense, dans une intrigue dense, rythmée et peuplée de personnages consistants.

Jean d’Aillon, Un Monde perdu, Robert Laffont, janvier 2026, 480 p. – 22,90 €.

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