Jacques Ancet, Perdre les traces
Arrive le temps de l’effacement, de la disparition. Ancet nous le rappelle entre amertume et regret. Preuve que le poète ne triche pas.
Une certaine néantisation s’approche et nous ramène à la question de notre essence. Et elle n’a rien d’immortelle…
Restent néanmoins la belle obstination du verbe, son insistance désespérée. Celle d’ajouter une trace supplémentaire à ce que le poète a déjà dit.
Tout ici devient épure face à ce qui peu à peu nous lâche – même les mots dont Ancet s’éloigne là où le « je » lui-même se dissout en une troisième personne comme s’il devenait un autre mais pas encore « rien ».
Une langue volontairement pauvre, réductrice, proche de l’aphasie ou le silence, sobrement élégiaque, dit néanmoins tout ce qui reste.
Encore.
jean-paul gavard-perret
Jacques Ancet, Perdre les traces, Editions La Rumeur libre, 2021, 163 p. – 17,00 €.