Infra cas

Infra cas

L’amour surgit quand la morale ne suffit plus. L’éthique du plaisir puise jusque dans la vase des âmes et leurs imperfections à la fois menaçantes et menacées selon l’intensité du processus des désirs. Ceux-ci oppriment autant qu’ils sont opprimés – même s’ils se sont jamais décidés à être bons ou mauvais. Pourquoi cette indécision? Elle peut se trouver par ce qui contrarie ou irrite nos pulsions. La frontière entre deux amants potentiels est mince poussée parfois de manière fantasmatiques par la petite mort qu’on se donne ou qui nous est donnée.

Le désir fascine, le plaisir tue. Mais c’est rendre l’imaginaire attrayant et prendre l’autre comme un jouet qui impressionne tant il est expressif, mais aussi fait impression dans l’accomplissement d’un scandale parfois incontrôlé. En conséquence, l’amour devient le pur phénomène dont l’intensité émotive touche à l’ivresse. Chacun se saisit de sa complice moins par la pensée que par l’instinct implanté dès l’enfance là où, en ses premières leçons, le plaisir est ressenti tellement vif que sa capacité ne possède plus de limite. Sa cause fondamentale et sa raison d’être poussent à éprouver la saturation d’une satisfaction où – hélas – il arrive que la perversion devienne au-delà des abysses un abîme.

jean-paul gavard-perret

Photo : Sylvie Aflalo-Haberberg

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