Gilbert Bourson, Ce qui… semblable à une forêt

Gilbert Bourson, Ce qui… semblable à une forêt

Gilbert Bourson poursuit ici les éclats de sa vision. C’est pour lui un moyen de flairer les écarts dans ce qui est du monde mais aussi dans sa propre psyché. Ce livre devient une suite de balisages vers des bulles de l’imaginaire qui assure l’extension des apparences et les structure de manière différente entre l’avant et le maintenant. D’où une suite de « misérables miracles » aurait dit Michaux.

Mais Bourson muscle son singulier et le multiplie. Lumières, goûts, enceintes créent associations et glissements au sein d’une écriture du corps massif et d’une certaine manière nu. Les lignes tendues du texte au nom entre autres de l’aimée (toujours possible) se projettent en une nouvelle énergie même si, comme nous, le poète vieillit. Mais sa consommation dynamique empêche de réduire son monde à une portion (in)congrue.
En ce sens, son livre devient une turbine. Elle rouvre l’existence. Et même si le poète se veut Cyclope du mythe, pour lui les noms ne sont jamais « Personne » mais des focus pour s’accrocher au monde. Et c’est une bonne raison de plus pour se lever et saisir le blé de l’existence en éliminant le son qui l’enrobe et la poussière d’un sac de jute pour apprécier notre farine.

Bourson, dans les proportions sacrées de l’amour de la femme, trouve le pain de la vie au besoin. Et pour se sauver, il imagine encore sans se vouloir simple profane réaliste ni non plus un mystique.
Pour preuve, son livre – où apparemment l’auteur feint de ne pas savoir quoi écrireet dans quel but – devient un projet apparemment hétéroclite qui condense et capture ce qui le guide encore. Et ce, dans une densité particulière pour l’introspectif qui réinvente en quelque sorte réel depuis l’hier jusqu’à l’aujourd’hui.

Gilbert Bourson, Ce qui… semblable à une forêt, éditions Tarmac, 2026, 148 p. – 13,00 €.

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