Gérard Macé, Silhouette parlante

Gérard Macé, Silhouette parlante

Langue coupée

Celui qui a la langue presque coupée laisse faire sortir des profondeurs cachées dans Silhouette parlante. Vers et prose alternent, envers et endroit d’une même songerie, pour recueillir les bribes que le rêve ou le souvenir donne des mots à naître ou renaître chez celui qui se définit ainsi : « Je n’écris plus, mais je guette le moment propice, dans une atmosphère mentale à la merci des sautes d’humeur et des coups de vent. »

Dans ce but, Gérard Macé veut jeter un « filet » sur les choses, mais pour les « protéger de l’orage et du néant » et amortir « les chocs avec le réel ». Il a toutefois « forgé » ses nouveaux instruments ou techniques pour « faire des nœuds » en guise « d’aide-mémoire et d’alphabet. » Mais il fait bien plus en allumant « des lampes dans le grand bal des métaphores » en ressassant des phrases que, finalement, il sait par cœur, une après l’autre.

Le tout en un immense collier où l’imaginaire rencontre la féerie, « effrayante parfois comme dans les contes, et les objets » rassemblés en morceaux du passé et de citations fragmentaires. Néanmoins, à l’impossibilité d’écrire répond l’évocation de la mort, de plus en plus pressante. Et d’une certaine manière, le livre revient à l’enfance pour s’achever ainsi : « poche d’air sous l’avalanche ».

jean-paul gavard-perret

Gérard Macé, Silhouette parlante, Gallimard, collection Blanche, Paris, 2025, 148 p. – 15,00 €.

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