Feuilleton littéraire de l’été : Les fabuleuses exactions de Martin Filhou et de Nicole Lemmal – épisode 5
Les fabuleuses exactions de Martin Filhou et de Nicole Lemmal (ou de la dictature littéraire d’un gâteux richissime qui se croyait arbitre du bon goût parce qu’il fut un jour expert en livres de comptes)
Frédéric Grolleau
– roman –
5- Les trois parquées
Juin 2001. Depuis un mois dans les murs, j’appends à connaître mes collègues. Curieux mélange en fait de personnes baignant peu ou prou dans le cercle étriqué des lettres mais sans véritable expérience. Recrutées de manière directe par Dasbeste, on sent d’emblée qu’elles sont plus destinées à servir le roi, en constituant sa cour attitrée, qu’à révolutionner le cénacle de l’édition française, qui a boudé et boude toujours à l’heure où vous lisez ces lignes le projet de MF. Les malheureuses n’auront pas été pour rien dans la catastrophe, qui leur aura au moins permis de comprendre où était leur vraie place (je n’en veux pas à ces trois connes* car je suis moi-même au chômage).
Marie-Claire Nissatan a tout de la jeune bourgeoise versaillaise aux jambes lourdes et aux mollets larges. Elle a travaillé pendant un an au Bureau Français du livre de New York mais ne sait pas ce que c’est qu’écrire un livre ; encore moins de le reprendre sur le plan éditorial. Laurence du Perche est une anorexique protestante châtain coincée au visage émacié, une perche sans forme tendue comme une corde de mauvaise qualité sur le point de rompre: elle s’occupe à mi-temps du service des droits étrangers dans une autre des maisons qui appartiennent à MF, Le Serpent vert, ce qui ne lui donne a priori aucune compétence pour décider de la qualité littéraire d’un texte. Toutes deux sont pourtant chargées du pôle éditorial avec moi et Foulques, ce qui constitue un cocktail plutôt explosif.
Mais la plus parquée des trois, c’est Marion Damoizeau. Préposée aux relations avec les revues partenaires censées lire nos manuscrits et y apposer le blanc-seing de leur jugement hautement critériologique, cette blonde greluche épaisse aux yeux globuleux – chaque fois qu’elle parle en s’excitant (pléonasme), je songe à Arnold Schwarzenegger asphyxié dans Total recall…) – n’a jamais travaillé auparavant dans ce secteur et confond entrejambe et entregent. Quand on lui parle de Babylon Babies, elle croit qu’il s’agit d’une marque de chaussures anglaises.
Aussi fébrile qu’hystérique, elle prône des valeurs qu’elle croit féministes et qui finiront par l’opposer plus que violemment au sieur Foulques, lequel n’a pas sa langue dans la poche quand il s’agit de dire à quelqu’un d’aller se faire foutre. Trajectoire rectiligne uniforme qui est monnaie courant dans le monde éditorial, chacun me l’accordera. De crise en diatribes, cette jeune femme à la poitrine plus développée que le cortex (à moins qu’elle ne dispose de deux cerveaux ?) démissionnera six mois plus tard pour s’occuper du service de presse… du Serpent vert. Où la rejoindra un an plus tard… Laurence du Perche, rendue à sa vocation première où elle est la plus efficace : gérer les droits des autres au lieu de faire chier le peuple.
*Pour exhiber nonobstant un idéal féminin :
Barbara Cassin, Maurice Matieu, Voir Hélène en toute femme, d’Homère à Lacan, Sanofi-Synthélabo, 2000, 209 p.
« Voir Hélène en toute femme », la formule est du Méphistophélès de Goethe s’adressant à Faust et lui indiquant qu’après l’absorption d’une certaine boisson il pourra voir l’éternel féminin incarné par Hélène dans n’importe quelle apparition face à lui. Pourquoi Hélène alors? Parce que, entre mythe et poésie, histoire et philosophie, la tragédie d’Hélène de Sparte enlevée par le Barbare Pâris et emmenée à Troie ne cesse d’alimenter la polémique : plus belle des femmes entre toutes, mariée à Ménélas, Hélène a-t-elle été ravie, raptée, capturée par Pâris (en grec, « helein » est l’infinitif passé du verbe « haireô », j’enlève, je capture, nous est-il rappelé) ? Ou s’est-elle laissée séduire, a-t-elle consenti à l’exotisme de son charme asiatique, trahissant ainsi son époux, provoquant de ce fait une guerre de dix ans et par conséquent des milliers de morts ?
Mystère de femme(s)
Hélène donc, parce qu’elle est à l’instable croisée du mythe, de l’épopée, du lyrisme, de la tragédie, de la comédie, de l’histoire, de la sophistique, de la rhétorique, de la philosophie, qui nous reviennent en poème, vaudeville, opéra et opérette, roman et psychanalyse ». Hélène enfin parce qu’elle est – quoi qu’en pensent les historiens positivistes mis au placard dans ces pages – cause de la guerre et source des mots. Excusez du peu.
Mais ce n’est pas tout. Qu’Hélène incarne l’éternel féminin est une chose, c’en est une autre que de lui attribuer également, comme le fait Euripide dans « Les Troyennes », une dimension duplice. Manière de rappeler que selon Euripide ce n’est pas la vraie Hélène qui attend Ménélas à Troie du haut des remparts mais uniquement son double fantomatique, son « eidolon ». Tandis qu’Hélène serait restée en Egypte lors du retour de Pâris en Asie, ce serait donc son « souffle », son « ombre » qui couchait avec le Barbare. Combien d’Héllènes massacrés pour une Hélène ? Tout cela pour un nom qui n’est pas la chose, donc ! Aussi Barbara Cassin range-t-elle d’emblée son travail sous l’égide d’une « hypothèse » introductive visant à expliciter la part mi-emblématique mi-énigmatique d’Hélène : celle qui représente « le nom propre de la/une femme » inscrit son être dans un écart. Un écart entre « femme et mot ».
Qui donc alors mieux que le/la philosophe pour penser l’écart ? Qui d’autre que le peintre pour le précipiter sur toile, le rendre savamment inaccessible et pourtant déjà là à travers le jeu des calques et autres détourages? Barbara Cassin accompagnée par les silhouettes de Maurice Matieu se livre de fait sans vergogne à l’impossible. C’est-à-dire entame l’histoire d’Hélène pour lui faire rendre gorge de ce qu’elle ne dit pas. Pour lui faire rendre raison de ce qu’elle clame trop haut peut-être. Autant reconnaître qu’il s’agit d’affronter à travers le dire la toute-puissance du « logos » désignant le langage chez les Grecs, dont il ressort ici qu’il est « pharmakon » (poison et remède). C’est qu' »Hélène est l’héroïne sophistique par excellence »: rien d’étonnant à ce titre que « Gorgias » – celui-là même que Platon dans le dialogue socratique du même nom reconnaît à plusieurs reprises comme quasi-philosophe (ce qui ne signifie pas qu’il n’en est pas un « pseudo » en même temps !) – ait écrit un « Eloge d’Hélène »? N’est-ce pas justement le pouvoir signifiant, persuasif du langage qui a abusé la jeune femme, l’innocentant par la même occasion de toute accusation de « chiennerie »? Ou au contraire faut-il soutenir la thèse qu’Hélène, « âme de pute » en diable, s’est abandonnée à un inconnu pour le plaisir – pour ce plaisir féminin qu’elle ne saurait nommer, cette jouissance dont la rhétorique lacanienne ne parvient pas in fine à exprimer le creux ?
« Voir Hélène en toute femme » offre dès lors un parcours (du combattant philologue-philosophe) exemplaire de ce qu’affronter la pluriréférenciation veut dire. Un cheminement pour être plus juste, qui n’est pas exempt d’images, pour autant que Maurice Matieu s’ingénie – il y a du « daïmon » chez cet homme-là – à faire transparaître l’invisible phantasmatique. Etrange combat que celui de l' »eïdos » (l’idée) de la matière et des couleurs contre l' »eidolon » du faux-semblant, de l’apparence qui caractérisent Hélène depuis la nuit des temps attiques. Où il est toujours, plus que jamais, question du « nom propre du logos » que symbolise Hélène. Hélène innocente et coupable, Hélène chienne mais aussi Hélène ornant les vases, Hélène vue par Ronsard, Shakespeare, Offenbach, Hofmannsthal, Queneau, Claudel, Giraudoux ou Lacan…
Au sens fort du mot, « Voir Hélène en toute femme » se donne comme un livre ré-jouissant, dont on n’a pas fini de faire le tour. Un palimpseste entre réflexion, philosophie et livre d’art qui met en relief ô combien « la femme et le politique sont transis de discours ».
Dès la fin du mois d’août, les trois parquées se prennent le bec sévère avec Patrick Foulques, qui ne les ménage pas puisqu’il a compris que leur degré d’expérience dans le domaine où il a droit de parole frise le zéro pointé. Bientôt, les cris et les larmes, les messes basses et les envolées insultatoires emplissent l’open space où tout le monde est tassé, champ de bataille microcosmique qui voit l’allié(e) d’hier devenir l’ennemi(e) de demain…
Pendant ce temps, les lectures de manuscrits stagnent, les auteurs commencent de râler. Il fait chaud et la verrière se transforme peu à peu en une étuve implacable qui condamne le moindre tapuscritien à faire semblant de suer s’il veut justifier ici et sa présence et son salaire. C’est dire combien l’ambiance se dégrade au fil des jours estivaux. Marie-Claire, Laurence et Marion, qui sont dans la boîte depuis ses origines, soit huit mois plus tôt, n’arrêtent pas d’évoquer le bon vieux temps, fondateur voire mythique, des commencements. Elles déplorent le climat délétère que font planer Dasbeste et Bocale, lesquels ont fait entendre lors de la dernière réunion qu’il était temps de passer aux choses sérieuses, c’est-à-dire de faire en sorte – où est la fucking baguette magique à agiter ? – que des éditeurs deviennent partenaires de tapuscrit et publient dans leur programmes nos auteurs. Rien que ça ! Sans doute l’ours sémito-Samnite gronde-t-il dans les couloirs et exige-t-il des Blues Brothers de la direction qu’ils obtiennent (enfin) des résultats. Promu spécialiste pro-actif en marketing viral, je suis ainsi invité à fournir un modèle concret et séduisant de jaquette à multi-rabats qui permettrait aux directeurs de collections reconnus du milieu de recevoir dans un package unique manuscrit et souscription de partenariat*.
Le temps des c(e)rises est fini, au loin la guerre menace. Suave mari magno.
*Instructions pour modèle à construire soi-même
Toute liberté est laissée dans cet espace au lecteur pour qu’il s’essaye à cette construction littéraro-modulaire.
5-bis
– Les relations entre Laurence du Perche, Marion Damoizeau et Marie-Claire Nissatan étaient-elles au beau fixe ? Toutes les trois se tenaient les coudes ou c’était le struggle for life ?
(le sujet soupire)
– Les filles étaient soudées, c’est ce qui explique la lente érosion de l’équipe. En un an, il y a quinze personnes qui ont quitté tapuscrit.org En fait, de manière paradoxale, ce qui a fait le jeu de Lemmal (puisque c’était elle qui dirigeait d’une main de fer la maison), c’est l’attitude ambiguë de Patrick Foulques. Pour se faire valoir – comme nous tous, je ne lui jette pas la pierre –, il a chié dans les bottes des filles en permanence, souvent à juste tire parce qu’il avait derrière lui son passé d’éditeur pour une boîte américaine et qu’il ne supportait pas les gamineries de nanas qui avaient 22 ou 23 ans à tout casser, excepté Laurence, et croyaient révolutionner l’édition parisienne.
– Diriez-vous que votre collègue était violent ? Quelle était la nature de vos relations ? Vous occupiez des fonctions semblables et vous vous faisiez une ombre mutuelle, non ?
– Violent n’est pas le mot, même si Patrick est capable de monter sur ses grands chevaux (j’ai failli dire cheveux, mais il se dégarnit sur le dessus) ; je dirais qu’il est cyclothymique à tendance schizo. C’est le propre des érotomanes qui n’en peuvent plus de toujours surseoir à la satisfactions de leurs penchants. Or, il se déclare tel lui–même. Foulques , c’est un insatiable au sang chaud. Son carburant, il le pompe dans le regard que lui renvoient les autres. Parce qu’il se croit sur la brèche depuis tout petit, il est constamment sur la défensive. Ça veut dire qu’il prend toujours les devants pour niquer ceux qui pourraient lui nuire. En même temps, il est capable d’une générosité extraordinaire et c’est un émérite compagnon de festivité et de soirée. Toujours à l’affût des bons clans, des bons plans – a fortiori s’ils s’avèrent capitaux. On ne se ressemble pas du tout, ce qui nous a sans doute évité de nous mettre sur la gueule pendant la crise que traversait tapuscrit.org. Quand les hyènes s’entredéchiraient pour un pâle bifteck, nous on se toisait en prédateurs impériaux et inaltérables. Je crois m’en être tiré en étant moins flétri que lui d’ailleurs.
– A vous écouter, tout le monde il est beau il est gentil, n’empêche que vous avez eu des échanges limites…
(surpris)
– Je ne me le rappelle pas.
– Alors, nous allons vous rafraîchir la mémoire. Mon collègue va vous lire le courrier électronique que vous lui avez fait parvenir le 10 octobre 2001, nous n’avons pas pu trouver trace du premier message. Nous avons laissé les fautes d’expression en l’état.
From: Frederick de la Grolle
To: Patrick Foulques
Sent: Wednesday, October 10, 2001 11:49 PM
Subject: Re: ami, ami
Cher Patrick,
Faisons le point veux-tu : par principe, je n’entre pas nedicsusisin avec une perosonne énervée et qui vocifère, excuse-moi d’employer un terme aussi « cliché » comme dirait H. Laroche.
Tu es une personne, je devrais dire un personnage au sens anglais de character, trop compétente et entière pour que je m’accroche avec toi : je n’ai aucunement voulu te blesser ce matin en te faisant remarquer ton retard mais, simplement, j’ai tenté de te notifier que nous avions abordé la question ( que tu as soulevée ensuite) des propositios des titres à paraître dans les mois à venir, sachant que Laurence et toi deviez vous prononcer là -dessus. Cette réunion n’était pas plus exclusive qu’ostracisante, elle a eu lieu tôt car MF devait partir pour Francfort dans la foulée. Je regrette que tu n’aies pu y participer dès le début et que tu n’aies pu nous prévenir de ton retard par téléphone pour que nous évoquions la question des ouvrages à paraître en ta présence. Au lieu de monter sur tes grands chevaux (encore un cliché !) tu aurais dû me laisser terminer ma phrase « : nous avons eu cette réunion ce matin… mais tu as toujours ton mot à dire, pas de problème » .En me coupant à la moitié de celle-ci avec véhémence, tu interdisais en fait tout dialogue postérieur. Si maintenant tu es calmé et si tu consents à adopter une attitude distanciée par rapport à ce qui s’est passé ce matin, je suis à ta disposition quand tu veux pour que nous en discutions ensemble, entre gens policés.
Je mettrai toutefois un préalable à cet entretien : que tu cesses de me balancer au visage (Laroche dirait : à la face ) ce titre de directeur éditorial que je ne brigue en aucun cas. Comme tu l’as fait remarquer toi-même, ce qui aurait dû suffire à te convaincre du quiproquo, je n’ai aucune expérience en la matière, et suis encore moins bon gestionnaire que père de famille ! Tu auras observé que je suis un individu par trop « politique », « inébranlable », pour sombrer dans l’apostrophe polémique, aussi te serai-je reconnaissant à l’avenir d’éviter à mon endroit des algarades publiques aussi infécondes que déplacées. Quand on m’agresse verbalement, je préfère mettre les choses à plat et répondre par mail : je souhaite ainis que ce message ne te paraisse pas inconvenant, ce n’en est pas l’objectif, mais explicatif.
Quoi qu’il en soit, je te renouvelle toute mon amitié, toute mon estime, ma volonté de continuer à travailler à tes côtés (tout en soulignant que je n’effectuerai pas toujours les premiers pas pour me rabibocher avec quelqu’un qui ne peut (doit) être que mon ami)
Bien à toi,
Fdg
—– Original Message —–
From: Patrick Foulques
To: Frederick de la Grolle
Sent: Wednesday, October 10, 2001 12:16 PM
Subject: Re: ami, ami
Cher ami,
moi aussi je me sens plus à l’aise avec l’écrit. Mais tu ignores certains points (je ne me dis pas que tu fais mine de les ignorer, même si c’est plus confortable et moins douloureux.)
Donc :
– je ne mélangerai jamais « amitié » et « profession ». Tu es un ami cher.
– je me vois mal finir mes jours chez tapuscrit.org en tant que simple attaché de presse, ce qui est franchement le cas aujourd’hui (voir le tableau de Bocale). T’ai-je dis que le départ de CD s’était accompagné d’une floppé d’insultes à mon égard venues de quelques personnes bien intentionnées?
ça fait toujours plaisir…
– j’ai aussi envie de défendre et publier des livres : or, ce qui se passe concrètement lorsque l’on regarde le tableau ? Je vais tout faire pour défendre mes enfants et les porter au jour.
– je vais donc avoir une discussion avec MF : j’ai apporté une dizaine de textes auquels je crois et entend bien en faire des livres à succès. j’ai l’impression aujourd’hui que c’est au dernier qui a parlé. Or le système de votation et de décision collégiale doit primer sur le « beau parleur » que chacun peut être.
Restons dans l’objectif même si lire et défendre un livre reste « donner un avis ».
En ce moment, je travaille sur le « Respecter Autrui » : l’une des composantes déterminantes du respect c’est le mépris. Dans cette maison, il me semble en avoir eu pour mon compte.
voilà, à ton service
Pat, attaché de presse
From: Frederick de la Grolle
To: Patrick Foulques
Sent: Wednesday, October 10, 2001 18:21 PM
Subject: Re: ami, ami
Pat,
Je suis d’accord avec toi sur tous les points que tu évoques. Je connais mal les pressions qui s’exercent sur toi et ne mesure pas avec toute son ampleur le mépris dont tu me parles. Il me semble pour ma part t’avoir toujours traité avec respect, et j’entends bien continuer ainsi. En revanche je me souviens avec exactitude des propos que tu as tenu ce matin à mon égard et certains m’ont paru au-delà du respect…
Je n’ai jamais voulu et ne veux pas flouer quelque auteur que ce soir, qu’il soit dans le giron de MF, de toi, de Nicole ou Laurence : ce qu’il faut mettre en avant c’est l’auteur qui fera vendre des livres et connaître tapuscrit.org. Si l’ensemble des responsables editoriaux décide collégialement – c’etait le sens du message de compte-rendu que j’ai adressé à tout lemonde ce matin si je ne m’abuse – que les manuscrits que je propose sont moins bons que d’autres, il est normal qu’ils ne figurent pas dans la liste des ouvrages a paraître. Et je n’en ferai ni une affaire d’Etat ni une affaire personnelle. J’ai du mal à saisir pourquoi tu n’as pas exposé tes griefs à MF directement quand il était là au lieu de t’en prendre à nous, qui ne sommes que tes « collègues », dans la même galère donc.
Tu dis ne pas vouloir confondre amitié et profession ça me rassure parce que, en tant que personne privée, je ne supporterai pas une 2de fois d’entendre les propos que tu m’as tenus ce matin. Je n’ai jamais élevé la voix contre toi, je ne me suis jamais emporté contre toi alors que tu t’es laissé aller à 2 reprises à ce travers. Je ne veux pas qu’il y ait de 3e fois, et ça je ne te l’impose pas avec mépris, je te le demande avec le respect qui t’est dû et avec celui auquel j’estime avoir droit….
fdg
– Vous pouvez conserver ces photocopies si vous le désirez. Puis-je savoir ce que cela vous évoque ?
(décontenancé)
– Bon sang, où est-ce que vous avez repêché ces mails, c’est pas possible ?
– Nous, notre boulot c’est de rassembler les indices et les preuves, vous c’est de répondre à nos questions. Donc ?
– Vous m’avez remis les idées en place, là. Je me souviens que Foulques a eu pour mission de s’occuper de la com autour de tapuscrit, et qu’à ce titre il était souvent parti en vadrouille aux quatre coins de Paris dont il revenait avec des notes de frais astronomiques. C’est vrai qu’il ramenait souvent dans ses filets des auteurs dignes d’être édités ou des partenaires intéressants pour tapuscrit. Ça énervait beaucoup mes collègues de tanuscrit, en particulier les trois parquées. Et c’est là où la duplicité de Nicole Lemmal apparaît : au lieu de blâmer Patrick qui avait manqué une réunion du matin destinée à décider les titres à éditer chez MF dans les deux mois à venir – auquel cas nous les inscrivions dans un tableau excell de parution faisant office de pierre de touche de notre productivité interne –, elle m’a suggéré de lui dire qu’il aurait dû être présent. Comme un crétin superglu cramponné à dame pipi, j’ai obtempéré et le bougre m’a envoyé sur les roses, ce qui a provoqué cet échange salé. Mais je ne sache pas qu’il y en ait eu d’autres entre nous deux, à ma souvenance.
– Nous retenons de cet épisode que Nicole Lemmal se servait de la bonne foi des uns et des autres pour régler par ce biais les problèmes relationnels qu’un directeur éditorial aurait dû assumer.
– Retenez surtout qu’elle était fêlée. Et qu’elle a exercé pendant plus d’une année une pression proche du harcèlement moral sur l’ensemble des troupes dont elle avait la gouverne. Cette femme, sa volonté de se repaître du mal-être des autres, a été la perte de tapuscrit.