Éric Corbeyran & Alex Lins, Obscurius – t. 01 : « Lucy »

Éric Corbeyran & Alex Lins, Obscurius – t. 01 : « Lucy »

Obscurius est une partie de l’expression latine Obscurum per obscurius qui peut se traduire par Ce qui est obscur s’explique par plus obscur encore. Ainsi, le titre donne la tonalité du récit.

Sur un toit, à Paris, Lucy fume tranquillement quand un homme vient lui dire que Meg a besoin d’elle, que c’est pour Simon. Malgré une réticence, elle accepte. Elle a le pouvoir de capturer les ectoplasmes qui s’emparent des humains, un peu à la façon de ces personnes capables de calmer la douleur des brûlures. Chose faite, elle vomit.
Elle a besoin de prendre l’air et part se promener dans un Paris bien changé. La ville est maintenant éclairée en permanence par un ciel écarlate. Elle est envahie de démons qui s’introduisent par une brèche et qui prennent possession des humains pour en faire des monstres qui, à leur tour…

Lucy a intégré un groupe de résistants dirigé par Meg.
Or, le pouvoir de Lucy attire des créatures qui semblent décidées à l’empêcher de continuer. Elle se retrouve, alors, confrontée à des puissances dangereuses, des entités dont les intentions à son égard semblent mystérieuses mais surtout bien inquiétantes…

Dans ce premier volet de son diptyque, Éric Corbeyran place son univers, un univers qui réunit des thèmes fantastiques, horrifiques où l’action a une place prépondérante. Dès les premières planches, il installe un climat en tension, mettant l’héroïne en danger. Elle doit se battre contre ces entités et se voit entraînée dans une succession de bouleversements. Il imagine Paris, la proie de démons qui, peu à peu, éradiquent les humains.
Il développe une galerie de protagonistes, fait faire connaissance avec les membres de ce groupe de résistants, une résistance obligatoire pour ne pas disparaître. Et il fait découvrir l’autre face, les entités qui manipulent ces démons et questionne quant à leur but ultime sans, toutefois, apporter de réponse.

Alex Lins assure le dessin quand Natália Marques signe la mise en couleurs. Les traits efficaces, juste nécessaires, donnent vie à une belle suite d’individus tout en restant en retrait d’une colorisation forte, vive, sombre, restituant l’atmosphère des lieux souterrains, celle des rues sous cette chape écarlate.

Fable, parabole ou simple récit qui allie actions, horreur, et fantastique, ce premier opus se découvre avec plaisir. Les personnages sont attachants, les cadres et décors sont en rapport avec l’action. Une lecture au second degré est possible avec une société en proie à l’invasion des théories délétères, de situations plus qu’inquiétantes pour la liberté.

Éric Corbeyran (scénario), Alex Lins (dessin) & Natália Marques (couleurs), Obscurius – t. 01 : « Lucy », Soleil, coll. Fantastique, août 2026, 80 p. – 17,50 €.

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