Danielle Helme, C’est curieux j’ai le trac
En perpétuel plaisir et sens des mots, Danielle Helme, avec C’est curieux j’ai le trac, revient sur deux de ses thématiques centrales : le temps (ici en l’occurrence l’enfance) et la nature.
Certes, le trac reste une composante majeure, mais la poétesse lutte contre elle en son immense besoin de liberté et de nature. Celle-ci, même au sein d’une classe, permet de s’envoler des cahiers d’écolier et des injonctions d’une institutrice.
Au moment de parler devant ses camarades de classe, le trac, l’émotivité paralysent l’auteure. Mais déjà à cette époque elle s’évade dans l’écriture et la créativité. Si bien que la « différence » qu’elle éprouve par rapport aux autres la sort de la dèche morale, mentale, physique provisoires.
L’émotive sait toutefois agir et, comme on dit, se raisonner. Le tout en jouant des mots et de ses joies. Danielle Helme découvre un plaisir qui ressemble aux autres jeux habituels dans les cours de récréation.
Elle préfère la re-création, déjà de manière naturelle, que sa poésie rappelle, finement associée aux illustrations de Mick Elli. De fait, elle invente un livre, sinon de choses, de sagesse pour les enfants qui, comme elle, connaissent la même émotivité, la même peur des autres.
Ici, ses mots dansent avec tout ce qui est, animaux familiers ou autres compris : « Je comprends que l’araignée ne se sent pas coupable / Et qu’elle n’est pas fiable. » Face aux problèmes, elle les efface « Avant d’avoir trouvé une solution qui me satisfasse. »
Lecteurs, soyez rassurés, une telle poétesse fait le bon ménage.
jean-paul gavard-perret
Danielle Helme, C’est curieux j’ai le trac, Dessins de Mick Elli, Préface de Paul Fournel, Ed. Via Domitia, 2024, 54 p.