Combien ?

Combien ?

En amour, le processus de déception tient lieu d’expérience et d’existence. D’autant qu’il ne tient qu’à l’excitation de la volonté. Certes, la force du désir est d’accroître la vie, et la beauté des femmes stimule les forces, les besoins d’amour et les attentes. Elles sont les grandes stimulantes poussant à vivre. Néanmoins, leurs passions restent déprimantes au service d’un mouvement parfois descendant. Ce n’est pas dangereux pour la santé mais ce qui éveille les sens suscite la crainte ou la pitié et la résignation, c’est-à-dire un doux renoncement au bonheur, à l’espoir, à la volonté de vivre. Si bien que l’amour est conçu par un art où l’art se nie lui-même.

L’amour équivaut alors à un processus de décomposition : l’instinct de vie se détruit lui-même dans l’instinct du plaisir lors de sa pire déformation et son plus odieux faux monnayage. Afin de réagir, à chacun de se demander ce qu’est l’amour, son aspiration et la tension qu’il exige contre quelque chose qui est accompagné de déplaisir. En réalité, l’amour possède un effet tonique quand il exprime la vérité de la résistance. Ce qui rend d’ailleurs vivant au-delà du face-à-face des relations à plusieurs pour faire sentir à tous à la mobilité des relations. L’augmentation du nombre devient le seul bonheur en de telles rencontres où gisent besoin, résistance, réticence, contrariété, différence voire un ingrédient de déplaisir. Il agit alors comme une excitation.

Dans ce cas, les participants peuvent faire de grandes choses car rien ne leur semble impossible. L’exploit n’est pas de faire de grandes choses selon la capacité héroïque. Il suffit d’ être véritablement au prix de l’adversité en s’abandonnant à la faim et à l’instinct avec solidarité. Livré à la juxtaposition et à la traversée d’étincelles d’allégresse, l’amour représente alors, sous nos yeux la brutalité, l’abyssal mystère de l’être nu. Chacun chasse sa mélancolie irritée sur une telle vague changeante, instable Entre «animaux » réunis, l’amour lutte non pour le pouvoir suprême mais pour se détendre un maximum poussé par l’éperon ardent que l’avenir enfonce dans la chair du présent. Voilà pourquoi les normes de l’amour ne sont pas encore fixées.

Photo : Antoine Durand

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