Claudio Costa, Métamagico (exposition)

Claudio Costa, Métamagico (exposition)

Claudio Costa (1942–1995) tout au long des années soixante-dix tourne autour de son obsession fondatrice : la relation entre la culture matérielle, la mémoire biologique et l’origine anthropologique.
Claudio Costa s’est formé entre Milan et Paris, où il a suivi le célèbre atelier graphique Atelier 17 de S.W. Hayter et a rencontré Marcel Duchamp, qui resterait une référence essentielle pour lui. Son premier concept inspirant fut de créer un chemin toujours en construction mais à l’envers, vers l’origine de l’humain.

Depuis ses premières œuvres dans les années soixante, Costa travaille avec des matériaux organiques et élémentaires – ardoise, argile, cire, terre cuite, os, éléments végétaux –, construisant des objets qui habitent une zone frontière entre la découverte et l’œuvre d’art, entre le musée naturaliste et le sanctuaire rituel.
Acteur majeur du circuit Arte Povera, Conceptual et Fluxus, il a participé avec une salle privée à la documenta 6 à Kassel (1977) et à plusieurs éditions de la Biennale de Venise, dont la section Art et Alchimie en 1986.

Dans la dernière phase de sa carrière, il a combiné art et engagement social, fondant à Gênes, en commençant par sa relation avec la psychanalyse, le Musée actif des formes inconscientes à l’ancien hôpital psychiatrique de Quarto, à Gênes.
Metamagico (une œuvre de Costa de 1978) est le titre que Marco Scotini choisit pour indiquer le plan opérationnel de l’artiste : une réflexion sur la pensée magique qui, en dialogue avec Deleuze et Guattari, utilise la logique du rituel et du mythe comme un outil cognitif alternatif à la rationalité occidentale moderniste. Une pensée qui, selon les mots d’Ernesto de Martino, habite la frontière entre la « présence qui s’effondre » et sa rédemption : le lieu où l’art et le chaman travaillent ensemble.

L’exposition réunit des œuvres de nature hétérogène qui font partie de la production des années 70 – planches, vitrines, installations, séries photographiques – unies par un seul fil conducteur : cette insistance farouche de l’origine d’autant que celle-ci peut toujours s’avérer immanente….
Claudio Costa occupe une position totalement singulière : il ne représente pas la nature, il l’utilise plutôt comme une archive, comme un système de signes, comme matière qui porte en elle les traces du temps biologique et culturel, dans la croyance que le passé naturel n’est pas perdu mais toujours latent, exhumé par le geste artistique.

Claudio Costa, Métamagico, PAV – Parco Arte Vivente, du 16 mai au 11 octobre 2026.

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