Champ fumé du signe
(Moisi sûr en Moïse)
Prenant le pouvoir sur sa libertine exigeante, le sombre héros se vante de sa conquête croyant la monter au ciel de son lit d’où il tombe tandis qu’elle s’avachit. Mais il prétend faire exister quelque chose par force de renouvellement. Sa denrée croit s’accorder à une nouvelle pratique en son encerclement. Cependant, l’émeute de son prurit noir dessine un liseré d’or pour son égo.
Penchant, son roseau cherche une entrée. Sa tempête est délétère malgré ses assouplissements. La destinée de la promise trouve l’amère béatitude en un tel moine Shintao perché sur sa barque. L’ouverte est remisée en son exil doré selon une ligne de servitude. De sa profondeur cachée noircie, il ne voit que la fleur de l’apparence. Ses pétales mouillés ne font par lui que des bulles. Il sonde froidement son puits selon de pures répétitions. Mais il les veut chant du cygne, noir et solennel en rythme de chapeaux de pluie.
Chaque séance est donc identique à la précédente et tourne au ralenti. Labiles pour sauver les meubles, les noircissures de ses mots sonnent bien. Il joue à nouveau son couplet de son : « je l’ai si souvent fait ». Renversant entre lit et fenêtre sa femme et sa matrice, son mince filet de sperme finit sur sa mousse humide comme sur un papier rustique.
jean-paul gavard-perret
Photo : Florence Deba