Carla Demierre, La Fille de Mars

Carla Demierre, La Fille de Mars

« À en croire les journaux, si on aime les sciences psychiques, les histoires de fantômes et les romans à l’eau de rose, alors ce livre est fait pour nous. », écrit l’auteur. Et ça commence presque par un conte plein de secrets et de mystères occultes.

L’héroïne Élise Müller paraissait si faible que ses parents s’attendaient à la voir mourir tant sa peau était bleue. «Tout le village avait défilé pour voir ce bébé qu’on disait laid et merveilleux», précise l’auteure. Très vite, son cas intéresse les journaux mais aussi la faculté. Sa renommée, elle la doit – à son corps plus ou moins défendant – à un professeur de psychophysiologie à l’université de Genève. Il a connu un grand succès vu son livre Étude sur un cas de somnambulisme avec glossolalie.

Élise compte bien écrire le sien, qu’elle fera signer par quelqu’un d’autre. Elle reçoit des étrangères, en séance, projette des choses selon son kaléidoscope intellectuel qu’elle regarde monter sans émotion particulière. Elle a pris auparavant quelques cours de dessin, peint des paysages et des portraits (Judas, la Vierge). Mais, pour les psychologues, l’inconscient d’Élise sait peindre, « mais son moi conscient refuse de savoir qu’il sait ».

À défaut de pouvoir pénétrer dans l’intimité d’une âme traversée par l’occulte, Carla Demierre, manipule une discrète mise à distance (reste de rationalisme ?), se concentre sur l’espace domestique féminin avec bibelots, pendeloques, tasses en porcelaine. Une telle auteure étudie son héroïne comme un phénomène paranormal telle que la foudre, mais avec patience et modestie et non sans un brin de fatalisme.

Carla Demierre, La Fille de Mars, Éditions Corti, 2026, 216 p. – 19,00 €.

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