Anne Barbusse, Chronique d’un machisme rural

Anne Barbusse, Chronique d’un machisme rural

A sa manière, Anne Barbusse bat la campagne et le fer pendant qu’il est chaud là où des femmes s’éloignent mais se mettent à écrire après la paille ou « après le foin », disqualifiées, battues au besoin mais survivantes « avec les mots des mistrals avec les restes de (campagne/forêt/beauté) et la ruralité plus violente que bêtes mêmes ».
D’où ce chant sensuel, érotique, violent (quand il le faut) depuis l’éclosion du printemps sur les fossés et où l’appel du sexe est soumis parfois par un machisme de bas étage et, selon elle, dans sa jeunesse manipulatrice. Nous lui faisons confiance.

Bergère à sa manière, entourée de chiens et si peu de bergers, les seconds deviennent les premiers non, pour elle, sans ravissement mêlé de frayeur « entre cerisiers et carcasses de voitures ». La voici agnelle tandis que des amants mettent les doigts dans sa confiture (de juin) près de son village et de son espoir.
Existe là un retour à la sexualité primitive là où ses voisins « pratiquent » des femmes « baisées et idéalisées ». Sont-elles des traînées ? Non ! Même si elles restent parfois soumises à la viorne et la bouse, répudiées exploitées. Mais existe en toutes ces femmes une reine.

Anne Barbusse en devient celle des abeilles, parfois « fumant joint sur joint » et jouant avec hommes ou femmes. Car c’est selon. Même si la poète demeure discrète. Et qu’importe les mensonges des hommes en rut dans un mobil home ou sur un talus. Les corps se mêlent et se perdent si bien que même une illusion déterre les ciels de lit.
L’élémentaire se marie à l’incroyable réduction des monceaux de corps et leurs mandibules dans la garrigue. Après tout, chaque femme devient imaginaire et athée dans sa chute et dans le thym. Elle sculpte sa romance en balbutiements et courage. D’où, dompté à l’horizontal, voici le sempiternel « Allons » et qu’importe bulldozers et camions.

Anne Barbusse, Chronique d’un machisme rural, Editions Pourquoi viens-tu si tard ?, Nice, 2026, 92 p. – 14,00 €.

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