Andrea Borzatta, Discendere o salire (exposition)

Andrea Borzatta, Discendere o salire (exposition)

L’exposition présente le travail de la photographe Andrea Borzatta, une artiste qui a choisi le paysage chilien comme champ d’observation, de réflexion et de vision. Le visiteur s’immergee dans vingt-et-une de ses photographies. Elles forment une histoire mettant en dialogue la Patagonie et le désert chilien.
Les plans de Borzatta, en plus de documenter les lieux, transforment chaque scène en une expérience corporelle et poétique, où la géographie devient un miroir du corps et de la conscience, donnant forme à un paysage qui communique directement avec l’observateur.

Le paysage silencieux du Chili est au centre d’une recherche sur deux mouvements qui définissent notre relation avec l’espace et avec nous-mêmes, et qui donnent son titre à l’exposition. En descendant, nous ressentons le vide qui nous prépare, comme un souffle qui s’étend pour nous accueillir. C’est un abandon qui rappelle le retour dans le ventre de la terre, le fait de se laisser bercer par l’ombre.
Monter, en revanche, est un exercice de volonté et de mesure. Chaque pas, entre la jambe qui se soulève et celle qui soutient, génère une tension rythmique. L’air enveloppe le corps, le vent prolonge l’effort, la chaleur devient le moteur et la lumière guide les mouvements. Face aux proportions incommensurables de la nature, l’ego est perdu et l’être humain se demande s’il possède vraiment la force de franchir un horizon aussi large.

De plus, et dans de nombreuses photographies, une feuille, une branche, un reflet sur l’eau englobent déjà l’ensemble du paysage. Borzatta extrait des moments presque abstraits, où la vie se rassemble dans un geste minimal, dans une tension parfaite entre la clôture et l’ouverture, Le fragment devient la synthèse, dans lequel la partie contient la mémoire et la loi du tout. Mais pour Borzatta, c’est aussi un seuil : un point de passage qui nous invite à aller au-delà de la surface pour accéder à un autre côté, où la perception s’ouvre et la vision devient expérience.
Les plans invitent à un déconfinement intime, laissant l’immédiat habiter un vide nécessaire, un vide qui est le temps, un espace de réflexion à travers un paysage lointain, étranger, mais lentement proche. Ces vingt-et-une images ne décrivent pas un lieu, elles l’ouvrent. Elles laissent de la place au spectateur pour entrer, se perdre, respirer. Entre solides et vides, entre la lumière froide suspendue et la lumière tenace, le paysage cesse d’être extérieur et se transforme en un territoire intérieur.

Les couleurs expriment aussi l’essence des paysages, révélant la relation subtile entre le visible et l’invisible, entre ce qui apparaît et ce qui attend d’être saisi. Le paysage persiste et, dans cette permanence, force le regard à ralentir. Et la photographe déclare : « À travers l’objectif, je suis capable d’arrêter le temps et de transformer des instants fugaces en histoires visuelles profondes. Chaque photo que je prends se transforme en histoire, un moment de connexion qui dépasse le langage. »

jean-paul gavard-perret

Andrea Borzatta, Discendere o salire, Espace B5, Bologne, du 19 au 30 mars 2026

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