André Dhôtel, Les lumières de la forêt

André Dhôtel, Les lumières de la forêt

En 1943, Le village pathétique d’André Dhôtel est publié par Gallimard (Paulhan fait bien les choses) et en 1948 paraît David aux éditions de Minuit. Sa production littéraire prend son véritable envol et en 1955, Le pays où l’on n’arrive jamais trouve encore plus de public (prix Femina compris). Toutefois, Dhôtel plus que la notoriété cherche avant tout à instiller le sens de l’énigme et du merveilleux ancré dans le quotidien et le goût des choses de la terre.
Les lumières de la forêt est un récit, publié en 1964 mais sous la forme d’un « manuel de lecture suivie, cours moyen première année ». Il n’a jamais réédité, même si dans sa limpidité et sa clarté, ce live épouse et interroge notre place au monde. Et ce, dès les moindres détails.

Pour preuve, « Au village de Bergeloup, quand on joue aux billes sur le pavé, les billes tintent d’une façon extraordinaire. Elles chantent véritablement ». Des voix résonnent dans la rue, la voix résonne et lorsqu’un enfant court, « on croirait un petit cheval lancé au galop. » Un tel récit perce le silence. C’est un peu comme si celui-ci nous guettait toujours et qu’il s’élevait dans la profondeur de la forêt et aussi entre les maisons et la lisière.
A Bergeloup, village quasiment désertique des Ardennes – racine de la poésie de l’écrivain – une famille mène une vie paisible près de la forêt mystérieuse et menacée par des projets industriels. Mais l’arrivée d’une fillette énigmatique n’a pose de problème que pour la protection de ces bois. Dès sa venue, apparaissent disparitions, signes étranges et errances dans les clairières.
André Dhôtel mêle ici réalisme rural et merveilleux discret. Si bien qu’un tel récit devient un conte plus que jamais d’actualité.

André Dhôtel, Les lumières de la forêt, Illustrations de Daniel Nadaud, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2026, 144 p. – 23,00 €.

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