Julia Chapman, Dernière chance dans les Pyrénées

Julia Chapman, Dernière chance dans les Pyrénées

Juste après la Révolution, las de compter pour des prunes, trois villages de montagne, Picarets, La Rivière et Fogas, avaient décidé de se séparer de la puissante commune de Sarrat et de créer leur propre district politique. Sarrat n’a jamais accepté la rupture et depuis cherche remettre la main sur ces territoires et ses habitants.
Serge Papon, le maire, lutte depuis des années contre les menées de Henri Dedieu et de son complice Pascal Souquet. Il veut passer la main et laisser sa commune à Chritian Dupuy, le fermier, second adjoint et futur époux de sa fille Véronique. Il a reconnu celle-ci voici un an, après trente-six ans de silence. Mais il meurt avant d’annoncer sa décision. Aussitôt, Souquet, devenu maire par intérim, manœuvre pour une fusion. Un noyau d’administrés organise une résistance. Mais que peuvent faire d’honnêtes citoyens face à des individus prêt à tout pour satisfaire leurs ambitions ?

Avec une série de personnages plausibles et typiques, Julia Chapman compose une fresque humaine d’une grande qualité. Avec eux, elle mène une succession d’interactions judicieusement amenées. Elle conçoit des situations tout à fait plausibles, dévoile des secrets, met en place des corrélations entre les habitants, chacun ayant à cœur de défendre ses opinions. Ce sont des filiations dévoilées après des décennies de mutisme, ce sont des rapprochements entre des êtres, ce sont les empoignades à propos d’événements se déroulant dans la commune.
Le décès du maire, une figure prépondérante, entraîne des actions dont les conséquences sont fort bien décrites et mises en scène. Ces conséquences occupent une belle place sans jamais être ennuyeuses.
La description de la région, des paysages, donnent l’occasion à la romancière d’envolées lyriques sur des Pyrénées flamboyants.
Le récit se déroule sans temps morts, passant rapidement d’un protagoniste à un autre, d’une action à une autre. Mais la tension monte dans les villages et tout est à craindre quand des gugusses aveuglés par leurs ambitions osent le pire. Le rythme soutenu relayé par une écriture plaisante, des dialogues enlevés où l’humour est très souvent présent, offre une lecture particulièrement agréable.

Ces Chroniques de Fogas sont une série divertissante à souhait pour son animation des personnages, leurs portraits si réalistes, et l’art du récit parfaitement maîtrisé par Julia Chapman.

Julia Chapman,Les Chroniques de Fogas – tome 6 : Dernière chance dans les Pyrénées (Last Chance in the Pyrenees), traduit de l’anglais par Dominique Haas & Stéphanie Leigniel, Robert Laffont, janvier 2026, 414 p. – 19,00 €.

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