Alma Bibolotti, Qualcosa di Venezia

Alma Bibolotti, Qualcosa di Venezia

Pour Alma Bibolotti, Venise est une femme fragile, ancestrale, unique. Mais  risque aujourd’hui de perdre son âme et la mémoire de sa diversité, écrasée dans le broyage monocultural du divertissement global standardisé. Chaque année, 1000 habitants (amants de Venise) la quittent et renoncent à vivre dans la mémoire de leur propre ville. Alma Bibolotti rappelle la formule de Salvatore Settis dans son essai Si Venise meurt (Hazan, 2015) « , la  ville risque de devenir une coquille vide, une sorte de paradis artificiel pour les riches, une ville qui n’existe pas ».

Comme une femme jadis éternelle, Venise peut mourir  d’amnésie. Pour préserver sa mémoire, Alma cherche de Venise l’invisible par petits détails trouvés par hasard sur les murs, les portes, les bords des canaux, la matière qui se défait, le plâtre affecté par le sel ou le vernis.
Sur le peau d’une telle fée des songes qui s’écaille, blessures et cicatrices deviennent des métaphores de la perte. « Ces fragments aux couleurs muettes montrent des aperçus de l’âme féminine », écrit La Biba : elle voit toujours juste au sujet de la ville et ne cesse de raconter la menace qui pèse sur sa mémoire fragile et précieuse.

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