Ciné die
Diérèse
Pour Cosette, son désir est plus que tout et reste absolu, mais n’ayant plus de peau sur ses os elle veut racheter la mienne je pense faire là quelques sous). Tergiversant à bâtons rompus, elle éprouve toutefois un ennui à couper au couteau car ma décision tarde. En ce modus moriendi latent, elle me promet un corbillard pour écorché non vif quand les primevères refleuriront et qu’un rossignol chantera en hommage à mon sacrifice.
Sans parier sur la confiance d’Isaac ou la dormition de Polichinelle, Cosette attend ma décision pour rhabiller ma pelisse : mais je procrastine. Cependant, elle me rassure comme toujours : « te pâmer, je l’ai déjà fait mais ça je le ferai encore mieux ». Pour sûr, elle attend ma tête dans la sciure, oubliant nos flamboyantes étreintes.
jean-paul gavard-perret
Photo : Yolanda del Amo