Jean-Claude Bélégou, La clôture suivi de Solstice

Jean-Claude Bélégou, La clôture suivi de Solstice

La clôture est un film numérique structuré par une succession de panoramiques à 360° courant de pièce en pièce, puis de jardin en jardin de la maison occupée par l’artiste. La bande sonore est issue de matériaux enregistrés d’objets domestiques (machine à laver, cafetière électrique, radio, robinets, etc.). Ils deviennent un sujet de manipulations spécifiques (étirements, volumes, etc.). Quant à « Solstice », il faut regarder ce film comme un ensemble de souvenirs tournés par un amateur (et vraisemblablement amant) du dernier été passé avec celle qui fut vraisemblablement sa compagne ou une comédienne.

Entre bruits ou arrière-silence se déploie avec subtilité une étonnante intensité, modale et émotive, là où la sexualité féminine jaillit de la beauté d’une jeune femme et sa fragilité. L’angoisse et l’incompréhension ne sont jamais loin, mais aussi, naissantes même si les sentiments de l’époque cèdent la place à une espèce de dépassement paradoxal.
Chacun des court-métrage conduit souvent à l’impasse mais elle devient parfois moisson de vie. Caisse de résonnance ou chambre d’échos, il transforme l’éclat coupant de la sensation en connaissance. Se découvre une vérité de l’existence dans les galeries profondes d’un jardin ou d’une peau féminine par une ascèse presque minérale. Le réel ouvre alors un dialogue avec l’auteur. Les images deviennent une conversation ininterrompue – du moins nous l’espérons.

Jean-Claude Bélégou s’en sert par ses notations sans jamais perdre le fil souterrain de la pensée et de la sensation. Chez elle, une force calme, une souveraineté intérieure avance loin, bien loin d’un divertissement pascalien. Tout reste ici expressionniste et impressionniste, mais aussi lucide et humain.

Jean-Claude Bélégou, La clôture suivi de Solstice, deux courts métrage de 2025, festival d’Ahmedabad qui se tient cette semaine en Inde. Voir le site du photographe.

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