Rose de tous
(Et surtout de vous-même)
L’amante idéale est en principe déchiffrable et accessible au grand nombre. Elle est parfois moitié sainte moitié démone mais le plus souvent elle reste un bon génie, l’ange du recommencement. Le soin de son jardin dépend du jardinier qui trouve sa rose consolatrice. Elle révèle un merveilleux paradis si, en pépiniériste, vous déroulez la gamme de vos comportements de soutien. Ensemble vous laissez à l’abandon les régressions d’un enfer ou des limbes pour que l’éden arrive.
Votre connexion est célébrée ensuite par la forme idéale de l’hymen (une fois affichés les bancs). Chacun obéit à ses fantasmes et à un rêve éveillé en gommant l’épaisse frontière qui vous séparait. En jaillissent une mosaïque merveilleuse, un chœur fantastique et la Grande Œuvre qui met fin à l’égarement des âmes et des corps en une ambivalente générosité. Perdure toutefois la tension de l’arc pour continuer de devenir qui vous êtes : le contraire des cormorans.
jean-paul gavard-perret
Photo : Helmut Newton