Le son de sagesse
Dans la nuit fendue d’argent, tu miaules un appel, une prière. Le vent s’incline et l’invisible répond. Un frisson d’air s’attarde au bord de tes vitres entrouvertes. Elle hésite, s’infiltre, prête à déposer une caresse sur ton épaule. Rien n’est certain encore – ni la saison, ni l’heure exacte : seule la lumière sait où coller son ombre.
Encore silhouette, elle se courbe vers toi. Tu as appris avec elle le langage et le morse de l’amour en attendant son sourire. En bas, ta terre s’ouvre sous le poids de celle qui fait éclater sa fleur sous ton herbe haute. Elle s’allonge pour voir ton visage surgir entre deux éclats d’ombre. Rien n’appelle, rien ne retient, seulement cette vibration d’espace. Tu es prête à basculer dans l’invisible.
jean-paul gavard-perret
Photo : Germaine Krull