Catherine Bruneau, Illuminations de printemps
Apprentissage de la sagesse
Derrière les poèmes boqueteaux (du printemps) de Catherine Bruneau se tissent toujours des réflexions mais sans pensums (maudits) ni leçons assommantes. Les mots de la poète savent souvent voler à la rencontre de divers éléments pour suspendre ses propres idées que nous annexons sans l’ombre d’un doute ni des robes roses que la nature sauvage porte mais elle n’est pas la seule.
Une telle auteur déglingue les machines mécaniques du poétique, transposant sa vision du monde au filtre de son intimité sans la déboutonner (robe comprise) et devinant toujours ce qui existe non dans les choses mais dans ce qui en déborde. Mais c’est ce qu’il faut apprendre. Catherine Bruneau est donc là pour ça.
Elle sait le dire dans chaque poème et son sérieux nous sourit avant de prendre congé. Il y a dans cette suite de poèmes des arrêts, des écarts, parfois des éclatements – même des fleurs qui ne se domestiquent pas. Au lieu de les suivre, ce qu’elle crée parfois leur tourne le dos, remonte le sens tantôt parce que ça ne s’écoule plus, tantôt parce que ça pourrait se répéter. Du coup, la poète interroge l’espace et le temps. Dans le genre, c’est bien. Voire plus.
jean-paul gavard-perret
Catherine Bruneau, Illuminations de printemps, Sémaph(o)re, coll. Cahier nomade, 2026, 118 p. – 16,00 €.