Jean Chauzy, Le temps des tigresses

Jean Chauzy, Le temps des tigresses

Comme pour Jean Chauzy lui-même, ici son narrateur se délecte. Et va pour ses giclettes. Mais c’est un vrai tombeur. On se sent ainsi dédouané par avance de son harem plastique même s’il ne se montre pas toujours à sa hauteur.
Ce qui n’empêche pas à l’éditeur de ce livre chez Douro – Jacques Cauda – de rester rêveur imaginant via son auteur des seins magnifiques. Il est vrai que le narrateur en fait des études comparatives : ceux de Solange ne sont jamais arrogants mais d’autres il n’a pas osé profiter.

Toutefois, vu le flot de tigresses, certaines saoulent son héros mais pas ses lecteurs. Ils cherchent toujours les coins d’ombre et les recoins pour savourer évènements ou anecdotes. D’autant que le tombeur de ses dames et qui est ravi de leur jeu déteste de se faire remarquer ou faire un scandale. Mais, de fait, l’auteur recommande d’autorité ses aventures sans laisser aux tigresses le temps de laisser refroidir leurs jambes.
Si le narrateur relativise, Chauzy met le paquet pour se glisser dans les mailles d’un pull ou les résilles d’un collant. Il est prêt à tout pour s’engouffrer dans les nues de nuées.

Elles sont leurs bienvenues – bénévoles ou non. Il fait très attention pour s’accrocher à leur commode quitte à en descendre en flageolant et clignant d’un sourire. Avec Lulu (sa boulangère) par exemple qui se met à cligner « juste de l’œil gauche ». C’est pour elle un tic mais pas à un tel client. Qui d’ailleurs cherche toujours le meilleur. L’auteur s’en satifait . Et les lecteurs encore plus. Tous les ragots tombent de manière notoire en de telle petites parties fines.
Va pour les dévergondés où par exemple une Belge rouquine joue du martinet comme personne. Certes, dit le narrateur, « il y a un chat dans l’histoire » mais ce n’est pas du Proust ou du Sophocle. Plus d’un certain Patrocle, un proxénète spécialisé mais aussi «un vraiment sale type ». Mais ici, avec chaque femme, le soleil vient – parfois jusqu’à leur deuxième veuvage. La plupart craque parfois par faiblesse pour les moustachus. C’est pourquoi – modèle du genre -, l’éditeur Cauda est ravi.

Jean Chauzy, Le temps des tigresses, Douro, 2026, 320 p. – 22, 90 €.

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