Jésuve
(Seins d’esprit)
Avide d’esperluettes et de tréma, elle est devenue poète aux mots dits et femme publique pour s’inspirer beaucoup de Baudelaire. L’ayant embrochée, ils portent des cornes. Ils en sont malades ou clercs. Mais elle conserve ses vers solitaires qui rongent l’énergie des mâles. Ils se sentent faibles tant leur gloire reste proche de leur déboire. Ils n’ont en commun avec elle que la rime et parfois la morgue.
La poétesse irrigue leurs veines loin du néant mais dans les atomes de son Vésuve. Elle reste l’archange féminin des enfers aussi dionysiaque que sujet de la fièvre et de l’envie. Elle ressemble à un songe et un miracle et garde ses mystères mais n’exige pas de maux de passe. Elle livre son corps mais, après, il n’existe que le souvenir de sa présence. Beaucoup pardonnent ses pensées de pécheresse : elle se contente de suivre son présent.
jean-paul gavard-perret
Photo : Laurence Sackman