Zanzim, Grand Petit Homme

Zanzim, Grand Petit Homme

Petit homme deviendra grand…

Zanzim, qui signe depuis de nombreuses années des albums remarquables en tant qu’auteur complet ou illustrateur, aime aller à contre-courant. Il le fait avec un tel talent auquel on ne peut que s’intéresser, vu sa manière de voir le monde. Avec Grand Petit Homme, il propose un récit qui a des allures de conte, avec, par exemple, des idées extraites du Petit Poucet ou de la lampe d’Aladin, mais…

Stanislas Rétif habite un petit appartement sous les combles. Il le partage avec son chat. Il travaille dans un magasin de chaussures et, grand amoureux des femmes, il adore habiller leurs pieds. Mais son mètre cinquante-sept lui donne des complexes qui freinent ses élans quand il veut séduire. Alors qu’il est accablé par ses déboires sentimentaux, il décide de devenir un grand homme en caressant machinalement une paire de bottines. Ce qu’il ignore, c’est qu’elles sont en cuir de vache sacrée indienne et qu’elles possèdent un pouvoir immense. Et la magie opère ! À l’envers ! Il est réduit à la taille d’un pouce. Sa vie bascule car tout devient encore plus difficile quand on mesure onze centimètres.
Mais, quand il se retrouve, après moult péripéties, dans la maison de Fleur, une ancienne cliente, qui est atteinte d’un mal funeste, il va braver le destin…

Dans cet album Zanzim a souhaité mettre en opposition la taille d’un individu et sa grandeur d’âme. Pour lui, devenir grand c’est s’élever sur le plan humain. Si la teneur de l’histoire peut s’apparenter au conte, à la parabole, la conclusion est celle que se fait le lecteur et non celle imposée par le récit. L’auteur offre un roman graphique drôle, coloré cependant d’une certaine affliction. Avec ses facettes tendres, profondément humanistes, il soulève une question fondamentale : que signifie être un grand homme ?
Et il n’épargne pas spécialement les dames qui, pour certaines ont aussi leur part d’ombre et de lumière.

Avec son graphisme si particulier, il offre au regard des planches où la mélancolie est mise en scène avec des couleurs vives. Une fois encore, Zanzim réalise un album qui interpelle sur des questions humanistes, sur des opinions trop souvent mises en avant. Ainsi, il termine une interview par une phrase superbe sur sa perception du grand homme : « Je dirais que les grands hommes sont sans doute ceux qui sont le moins connus ; ceux qui ont fait de grandes choses dans l’ombre, sans être brûlés par la lumière de leur égo. » Ils sont alors bien petits, les pauvres individus qui se bousculent dans les médias !

serge perraud

Zanzim, Grand Petit Homme, Glénat, coll. « 1000 feuilles », novembre 2024, 144 p. – 25,00 €.

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