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Tag: Jean-Paul Gavard-Perret

Carré du pion

Carré du pion

(Du champs d’échecs) Face à tous les possibles, elle enferma son célibataire dans un désir perpétuel. Malgré ses attentions, son cœur resta en état de silence. Mais coupé des âmes, il voulait s’élever au-delà de son corps, vers la pureté virginale de sa prochaine mariée. Celle-ci espéra réaliser la grande libération de l’âme par la réconciliation des contraires. Elle se situa entre le bruit de détonation d’un fusil et la marque de sa balle sur la cible, entre pulsion de…

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Hauts thyms

Hauts thyms

(Soucis sots) Nous ne sommes pas faits pour penser sinon par approximations. Notre cerveau (première demeure puis habituelle résidence) est d’ombre et de brume. En conséquence, il ne gagne pas à paraître au grand jour. Si c’était le cas, le cœur tâcherait à démêler ce qui se passe vraiment, ce qu’il y a eu, ce que l’on fut voire si nous sommes. Mais lui aussi butte sur l’inconnu ; reste l’otage du passé et bien peu apte à lire notre…

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Pouffe et Pouf

Pouffe et Pouf

(Si, Mi : l’air) Tout change sur les moyens mis en œuvre et la durée de leurs effets. Aptes à saisir la beauté exilée, leurs croyances et leurs espoirs dans les décombres de la modernité, une chose demeure. Attirés par les marges, libres comme l’aire, sans jamais prendre de pincettes et à cheval sur deux chaises, ils comptent les maux qui sont les grabats de leur vie à la fadeur de la mie et la pâleur de l’hostie. Face à…

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Pris d’yeux

Pris d’yeux

La mer sait faire silence quand elle flotte en douceur, dans l’absence. Elle peut nous ramener des enfers où nous faisions les morts, suppôts des désirs. Elle dépose nos frasques sur le quai et nous sentons les fluides nous quitter. Notre vie passée est un oubli, la nôtre devient inerte mais nous sommes propres à nous prêter à l’inconstance car la sève monte de nos racines. Nourrissons-la, soignons-la pour s’y complaire. Il suffit d’une diversion, d’un raté, d’une césure ou…

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Qu’ode

Qu’ode

(portrait de femme) Ciel pâle au-dessus de la nuit qui s’efface, elle cherche revoir ceux qui comme elle ont planté ailleurs leurs racines. L’apparition progressive du soleil découpe ombre et lumière sur une pelouse devenue aire de paille jaune. Sensible encore dans la clémence du petit matin, couverte d’une tunique au rouge sombre, elle est assise sur un amas de feuilles pour observer la progression de la lumière. Elle s’émiette en interrogations et en solitude. Elle est quelqu’un, quelqu’une, sourit…

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