Pris d’yeux

Pris d’yeux

La mer sait faire silence quand elle flotte en douceur, dans l’absence. Elle peut nous ramener des enfers où nous faisions les morts, suppôts des désirs. Elle dépose nos frasques sur le quai et nous sentons les fluides nous quitter. Notre vie passée est un oubli, la nôtre devient inerte mais nous sommes propres à nous prêter à l’inconstance car la sève monte de nos racines. Nourrissons-la, soignons-la pour s’y complaire.

Il suffit d’une diversion, d’un raté, d’une césure ou d’une divagation. Après le néant d’avant, il y a celui d’apprêts. Redevenons winners agenouillés devant toutes les femmes enclines à nous sucer la moelle pour devenir ce que nous ne voulions pas être. Bref, nous sommes armés pour jouir en j’ose as avec de tels jokers. Dès lors, jadis chamans nous devenons écrivants – ça nous rassure car nous ne savions où nous mettre.

Photo : Liv Shank

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