Sookie Sirene, Autoportraits

Sookie Sirene, Autoportraits

« Drawing by numbers »

Sous le frémissement du cru, Sookie Sirene cherche ses figures. Son genre (l’autoportrait) est un bunker. Bouture de nuit, le corps a devant ses rêves, ses cauchemars – sa viande est leur lit.
La multiplication des selfies (sous forme de mises en scène) sont là afin de creuser l’invisible. Des lumières ou des ombres, des décadrages décalés au besoin s’emparent moins du visage que de sa psyché.

Dans cette oeuvre la plus originale, l’artiste dévoile ses « fantômes » : ils ont besoin de la chair et de ses formes qui les incarnent. Lèvres, front, yeux mettent un nom sur la douleur qui ne vient pas, qui vient. Le désir aussi (parfois) émerge en ce que  Sookie Sirene saisit, au milieu de l’auto-étreinte : ses larmes.
Cette série de poses ravage parfois de joie mais surtout, la catastrophe des solitudes y est imminente. Il faut les accepter et glisser ces « 21 grammes d’âme » dans la vie de ce corps. Son « moi » peut tenir sur ses lèvres autrement que muettes. Mais existe en elles la contre-mort même si tout reste.

Sookie Sirene s’enfonce donc dans le vivre par ces formes de psyché là où toujours vont ses yeux. Elle aime un trop d’amour qui la tient prisonnière. Le moi de l’absolu par celui-ci devient Elle, yeux fermés, yeux ouverts. Son regard est sa pensée. Le voyeur caresse cet amour repoussé dans l’amour.

lire notre entretien avec l’artiste

jean-paul gavard-perret

Sookie Sirene, Autoportaits , V i s u a l J u n k i e. N o r d i c N o i r.
La série d’autoportraits (unique oeuvre) est publiée sur Facebook et Instagram sous son nom

Laisser un commentaire