Pierre Conesa, Petit traité de géopolitique pour les (vraiment) nuls

Pierre Conesa, Petit traité de géopolitique pour les (vraiment) nuls

Dans un avertissement, Pierre Conesa pose son propos en écrivant qu’on ne peut pas reprocher à quelqu’un de ne pas connaître les 195 pays des Nations Unies, dont deux sont des observateurs : la Palestine et le Vatican. Mais quid des décideurs politiques qui devraient avoir un minimum de connaissances dans ce domaine plutôt que parler sans savoir ? Et pour illustrer cet état de fait, l’essayiste propose quelques citations qui illustrent la situation entre les mensonges de staline, le délirium tremens de trump, le cynisme de netanyahou, le déni aveugle, le mépris, le racisme…

Et l’auteur entre dans le vif du sujet en explorant quelques bouleversements de la fin du XXe siècle, l’implosion de l’URSS le dernier empire, l’explosion des micronationalismes. Il revient sur quelques concepts géopolitiques tels que la fabrique de superhéros, la dénonciation de la violence tout en la produisant, les génocides que l’on nie. Puis il énumère quelques concepts internationaux plus récents avec ces nouveaux impérialismes, la guerre globale contre le terrorisme, la géopolitique mémorielle et la fin de la justice et du droit internationaux.

Puis, le projecteur se fixe sur notre époque avec les nouveaux délires impériaux, ceux de Bush, trump, poutine, netanyahou.
C’est aussi la démonstration des bafouillages du droit d’asile avec des exemples parlants comme ceux accordés aux trois terroristes responsables des attentats de Bruxelles et de Paris. Ceux-ci, en dépit de toutes les alarmes possibles, ont obtenu un statut protégé, asile, logement, soutien diplomatique… Ce sont aussi les alertes contre les assassins de Samuel Paty, de Dominique Bernard. C’est le gâchis des OQTF entre ceux qui sont inapplicables malgré la dangerosité des individus et ceux qui menacent les personnes qui se sont intégrées, qui ont un emploi régulier et qui veulent vivre en France.

C’est également la résurgence de la géopolitique mémorielle qui saccage des pays, placent des populations entières dans le chaos. La plus dure étant, pour l’heure, celle d’Israël qui revendique des territoires au nom de légendes. Mais, c’est aussi trump avec son MAGA, poutine avec son rêve de tsar…
Quelques pages traitent du sort des femmes, de leur sort dans ces conflits et des traitements ignobles qu’elles subissent. L’auteur cite des chiffres effarants de viols comme dix millions de femmes russes pendant l’opération Barbarossa, un million d’Allemandes par les soldats de l’armée rouge en 1945 dans Berlin. Cet acte n’a été reconnu comme crime de guerre que tout récemment.

De nouveaux acteurs redessinent la puissance mondiale. Au-delà des Etats, des forces transnationales comme les narcotrafiquants, les diasporas, les groupes religieux et idéologiques influent désormais sur les rapports de force.
L’ouvrage se termine par quatre annexes remarquables. D’abord la présentation des guerres les plus incroyables comme celle des Malouines, puis le manuel pratique de langue de bois mis au point par des élèves, restés anonymes, de l’ENA. Il décrit comment mao a dû récupérer des moineaux soviétiques et donne une liste, non exhaustive, de quelques maoïstes français qui ont chanté les louanges du dictateur parmi lesquels se trouve Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut…

Avec cet essai dont le titre complet est Petit traité de géopolitique pour les (vraiment) nuls (et les décideurs politiques), Pierre Conesa éclaire de façon exceptionnelle les dérives du monde.

Pierre Conesa, Petit traité de géopolitique pour les (vraiment) nuls (et les décideurs politiques), l’aube, avril 2026, 224 p. – 21,00 €.

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