Patrick Joquel, Le sentier m’enlace et m’ensilence
Vertigo
Attracteur et agrandisseur de jeux de couleurs et d’ombres, Patrick Joquel prouve qu’en lui-même le paysage n’existe pas. Et chaque regard ne suffit pas à l’inventer. Son aspect extérieur est donc le fruit d’une intériorité qu’instille la création en tant qu’ouvroir de potentialités matérielles plus qu’abstractives.
Le poète, capteur de mouvements infimes ou amples, dresse ainsi une quête d’un possible et d’un sentier vierge dans le regard du lecteur lui-même enlacé et « ensilencé » entre panoramas et sentiers.
D’où la une sidération particulière des lieux et moments. Le réel s’ouvre en diverses brèches pour se détacher de ce que le regard peut saisir. Du compact, Joquel l’éparpille en un rêve de paysage qui, s’il n’est pas forcément un paysage de rêve, tend souvent vers ce point.
Mais l’auteur se met à légender ce qui est et ce, loin des fantasmes ou d’une sphère privée. Tout ce qui arrive tient de l’apparition de systèmes dynamiques là où tout reste généralement « assis » dans cette partie II des « exercices du plus haut silence » .
jean-paul gavard-perret
Patrick Joquel, Le sentier m’enlace et m’ensilence, Editions Lettres Vives, Frontignan, 2026, 32 p. – 6,60 €.