Pascal Dethurens, Légèretés

Pascal Dethurens, Légèretés

A partir de textes littéraires et philosophiques et de sources iconographiques, ce livre devient une exploration de la notion de légèreté. qui d’ailleurs fait partie qu’une très longue tradition mais elle parait souvent indigne d’intérêt car futile.
Mais Dethurens secoue l’arbre ! Loin d’une forme de méfiance ou de répugnance eu égard à cette légèreté qui ne pèse rien, ou peu, elle devient ici élégante et signifiante. « Là où la légèreté nous est donnée, la gravité ne manque pas », écrivait Blanchot et l’auteur s’offre ce luxe.

Elle devient un idéal, une exigence et la clarté est au jour. Flaubert écrit dans une lettre à Louise Colet en novembre 1847 : « Il y a des idées tellement lourdes d’elles-mêmes qu’elles écrasent quiconque essaie de les soulever ». Ici, elles deviennent des bulles de savon, la colombe de Platon chez Kant, les mobiles de Calder, etc.
Certes, Kundera a donné pour titre à l’un de ses romans L’insoutenable légèreté de l’être mais Dethurens prouve le contraire : un couple d’amoureux flotte dans le ciel, un dieu peint des papillons, une star du cinéma retient sa robe qui s’envole, un poète japonais goûte à la douceur du jour. A lui de suivre de tels exploits et, en conséquence, l’essayiste fait de nous des sages. Et le « souffle » de Beckett n’est pas loin.

Pascal Dethurens, Légèretés, L’Atelier Contemporain, Strasbourg, 2026, 304 p. – 25,00 €.

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