Nathalie Atlan, Canberra

Nathalie Atlan, Canberra

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Nathalie Atlan, en 28 épisodes et scansions d’une prose poétique, revient sur une aventure ou les déambulation d’un groupe humain et pas seulement mais homogène. Des complicités prennent différentes formes comme nous pouvons le lire dans son introduction qui est déjà d’une grande liberté de vie et de parole.
Notre échange, avec justesse et rigueur, m’a permis de ne pas me laisser aller à certaines facilités. Etres et autres présences observées par Nathalie Atlan semblent nous défier. Cette force de la jeunesse reste complexe. L’auteure ne cherche donc pas une décoration de figurines car elles ont beaucoup à « dire » et un tel monde devient étrange et pénétrant parfois, avec des « paumes hélicées » ou « orbe dérobée » en montée et descentes, axiales et obliques.

De tels personnages ont besoin de la terre ferme avant se lancer de leurs divers trapèzes (intérieurs ou extérieurs), manière de retenir de telles épopées par et pour Nathalie Atlan son écriture et son usage d’un certain « pintoresco » des faits, spéculations, agissements voire d’une utopie (et sa profondeur cachée).
Pas question pour elle de se couper la langue. Sa poésie incite à ne pas caricaturer des distinctions, mais au contraire à les nuancer et les enrichir – ce  qui n’occulte en rien la profondeur signifiante et connotative des mots. Se tirent de ceux-ci des qualités d’un fonctionnement esthétique, solidairement, premier, second là où chacun se dépasse mutuellement pour laisser vibrer, dans toutes les acceptions possibles, ce que nous appelons la corde sensible de la créatrice.

Surgit chez l’auteure belge  en ce lieu mythique et mystérieux un art à part, un espace d’expression et de découverte ouvert à tous et sans occulter les failles éventuelles de certains «spectacles » pour s’émouvoir et trouver du plaisir. Des résonances ludiques (en partie) ébranlent nos convictions, dérangent notre perception du réel en mettant l’accent sur ce que nous avons tous été et sur ce qui appartient à tous : l’enfance, espace extensible, sans frontières, univers que rattrape parfois le réel là où s’échafaudent les rêves, le simulacre et l’imaginaire – terrain de jeu du faire-semblant ou de la vie en scène.
Goutons les territoires de tels « comédiens ».

jean-paul gavard-perret

Nathalie Atlan, Canberra, Atelier de l’agneau », St-Quentin de Caplong, 2024, non paginé – 18,00 €.

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