Mylène Besson, Exposition
Il existe dans les dessin de Mylène Besson des solitudes particulières car d’une certaine manière elles s’absentent Et quand leur vague s’obstine, des ondes se touchent par effet de piquages ou de coutures qui symbolisent par leurs » traversées » une sortie de naufrage. L’artiste ne confond pas l’individu et l’individualisme. Elle met le premier en contact avec l’altérité à travers différentes « attentes » que l’œuvre induit.
Un ordre de la caresse surgit sur les surfaces « irritées » par les processus signalés ci-dessus. Le fil de laine, l’aiguille soulignent ou aiguisent le dessin. Ils créent un tatouage sur la donnée première de celui-ci. Cela crée une persistance du mouvement. Il renaît. Toujours renouvelé malgré l’absence. Dans ce jus humain, le rappel des ressemblances n’est plus aux abois. Le corps et le visage s’en retournent sur le tracé invisible de la mémoire.
« Quelque chose suit son cours » comme écrivait Beckett. Il n’y a pas de terme. Demeure une marée où la douceur trouve une qualité d’écume entre rétention et abandon. Un silence non de mort mais de recueillement devient une façon de taire les phrases du type : “ Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère, ne se rattrape plus ». Preuve que Mylène Besson ne coud pas le silence : elle le contrarie.
jean-paul gavard-perret
Mylène Besson, Exposition, Hôtel de Ville et Château de Allymes, Ambérieu, du 18 mars au 18 mai 2017.
