Maurice Renoma, Maurice Renoma investit le National Hotel de Miami Beach

Maurice Renoma, Maurice Renoma investit le National Hotel de Miami Beach

Miami vice et vertu

Maurice Renoma est aussi grand photographe que metteur en espace. Des femmes plus particulièrement. Entre l’eau des piscines (privées) et les salons (de luxe), les graciles prennent non des pauses : elles sont parachevées avec humour. A la trilogie de Baudelaire se substitue celle du créateur contemporain « luxe, calme (relatif) et fantaisie) ».
Il se dit que parfois Maurice Renoma a gagné du temps pour mieux en perdre. Mais, de fait, c’était pour s’enhardir et oser photographier celles dont il ignorait (à l’époque) presque tout. Grâce aux photos il pouvait déjà les rejoindre. Les modèles savaient que lorsque le photographe baissait la tête sur l’appareil, il relevait la vie. Désormais, elles plaisantent avec lui et vice-versa – d’autant que son ironie est mordante. Ses photographies le prouvent et remémorent la promesse d’une phrase de Duras : « Les baisers… les baisers… ça ne peut pas arriver deux fois ces instants-là ». Pour Renoma, ce fut néanmoins bis repetitas. Il en fait bénéficier le voyeur.

Celui-ci rêve d’entretenir avec l’installation de Miami un monologue étrange, privé et d’autres contacts grâce aux photographies et leurs instances flottantes. Il ne se demande même plus comment il pourra en sortir indemne. Cela est jubilatoire comme le jaillissement d’eaux lustrales. Les femmes tapissent son regard d’une intimité parfois cocasse et dont l’ajustement de ses désirs voudrait préciser la focale. Il tient alors pour vraie la rencontre entre les images et Renoma.
Le créateur n’en demande pas plus. Ses poupées de chair et leur orchestrateur ont créé d’intimes épousailles du temps. Et c’est comme si le corps du voyeur était traversé du corps voyant. En clair-obscur et à claire-voie, la femme est à la fois là et loin. Mais qu’importe : Renoma a appris à ne jamais flirter plus avec le vide.

Le voyeur l’imagine enfant s’approchant déjà au plus d’une cousine éloignée et suçant (pour patienter) un demi citron sur lequel elle a mis du sucre cristallisé. Dans sa bouche, le jus acide aspiré vers les pépites, contre sa cuisse droite la gauche si tiède de sa parente.. Quelqu’un a-t-il voulu se débarrasser un moment des enfants pour avoir la paix ?

jean-paul gavard-perret

Maurice Renoma, Maurice Renoma investit le National Hotel de Miami Beach, 1er Décembre 2016 – 30 avril 2017, National Hotel, Miami.

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