Mathias Lair, Où est passé mon ange

Mathias Lair, Où est passé mon ange

Il y a chez le bon ange de Mathias Lair ce qui le dérange. Car avec cet ange, tout ne s’arrange pas. D’où sa recherche par étape jusqu’au « cut » final pour le retrouver. Certes, un tel fantôme fit preuve de culture, de bienveillance et de talent. Mais ce n’est pas parce qu’il avait pignon sur rue que tout était parfait. Le poète désormais mal armé s’abandonne avec lui mais de manière énigmatique. Lair se retrouve démuni, désemparé. Avant, en effet, « son angoisse était / notre bonheur sur ton corps maternel », évoque-t-il mais au « jouir ensemble » répond l’irrécusable solitude, « sans défense comme / au premier jour ».

C’est peu dur ou une peine perdue : mais la lutte continue loin de la moindre « egomania » galopante. La recherche du couplage demeure là même s’il n’existe presque plus de temps et de lieu. La quête manque de pôle, même pour l’ange (masculin / féminin) dans un monde où des monstres ont fait place nette. Reste à l’auteur de flotter voire de s’envoler là où l’ange dit tout – ou rien.
Bref, est-il (elle) encore fiable ? Mais face à lui, ceux qui ne sont pas tous des anges sont des « bavards ». La réponse finale, sinistrement parfaite du poète, est « en repons » éloquente… Quant à l’Angelus du soir, il a capoté.

jean-paul gavard-perret

Mathias Lair, Où est passé mon ange, Vincent Rougier éditeur, coll. Ficelle & Plis Urgents 2025, 40 p.- 13,00 €.


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