Mary Robinette Kowal, L’homme superflu

Mary Robinette Kowal, L’homme superflu

Mary Robinette Kowal est marionnettiste, comédienne de doublage professionnelle, novelliste et romancière. Elle rencontre le succès avec Lady Astronaute, une série uchronique sur la conquête spatiale. Vers les étoiles (The Calculating Stars), le premier tome de la saga, a reçu le prix Sidewise 2018, le prix Hugo du meilleur roman 2019, le prix Nebula du meilleur roman 2018, le prix Locus du meilleur roman de science-fiction 2019 et le prix Julia-Verlanger en 2021.
Avec L’homme superflu, elle propose un one-shot science fictionnel en huis clos.

Tesla Crane a embarqué, sur le luxueux vaisseau Londgren sous une fausse identité, avec Shal, son époux, pour un voyage de noces entre la Lune et Mars. Cette inventrice de génie goûte le fait d’être anonyme parmi les passagers. Malgré son handicap, ses douleurs dorsales qu’il provoque, elle participe à un karaoké. Dans la loge voisine le couple entend une discussion animée entre trois personnes. Quand elle va chanter, elle voit, au fond, un homme blond décoloré.
Alors qu’elle s’occupe de son chien de compagnie près de la réception, elle entend un cri. Elle part dans la direction, voit Shal qui s’occupe d’un individu étendu un poignard planté jusqu’à la garde. Son mari, la veste ensanglantée, se lance dans une poursuite.
Les autorités du vaisseau accusent Shal d’être le criminel. Tesla ne se laisse pas abattre et commence à observer les passagers, à noter ce qui lui semble suspect. Lorsqu’elle découvre un indice qui remet en cause les bases de l’accusation, elle se lance, avec le concours de Fantine son avocate restée sur Terre, malgré ses douleurs, son stress dans une enquête frénétique pour sauver son époux…

En retenant un vaisseau spatial en vol comme cadre de son histoire, la romancière installe un huis clos efficace, joue avec l’isolement et la promiscuité des passagers pour renforcer une tension dramatique. Elle pratique aussi un mélange de genres associant avec bonheur cosy mystery, science-fiction, humour et romance.
Son héroïne, une dame très fortunée, forme un couple très glamour avec son époux, un ancien détective presque aussi fortuné. Elle entoure ce duo d’une galerie de personnages, des passagers, des membres d’équipages qui vont se révéler des alliées ou entrer dans la catégorie des suspects. Pour les principaux acteurs de ce récit, Mary Robinette Kowal donne un portrait approfondi. L’humour est, malgré les circonstances, très présent, un humour bon enfant qui parfois tourne à l’acide.

Avec ces mélanges atypiques, Mary Robinette Kowal installe un cadre original, un suspense maîtrisé. Elle donne une belle dimension humaine par le handicap de Tesla, faisant ressortir sa force de caractère et sa résilience. Elle n’économise pas les péripéties et propose un roman qui se parcoure avec un réel plaisir pour son côté résolument féministe, mais machiavélique et empreint de drôlerie.

Mary Robinette Kowal, L’homme superflu (The Spare Man) traduit de l’anglais (États-Unis) par Patrick Imbert, Folio n°771, coll. SF, septembre 2025, 496 p. – 10,00 €.

Laisser un commentaire