Le livre de K. (Simon Falguières)
© Christophe Raynaud de Lage
Le château, méandres imaginaires
Dans un décor sobre, aux grands murs blancs patinés de reflets mats, s’installent une malade et sa psychologue, pour une consultation. Par les circonvolutions de ses paroles métaphoriques, la patiente se décrit avec comme résistante. Changement de tableau. Une femme est persécutée en raison de ses activités poétiques ; on lui enlève son amour, puis c’est elle que l’on prend ; son amie, témoin de son arrestation, gardera sa mémoire. C’est ensuite une famille qui est le siège des tensions entre la tentation du pouvoir et la pratique de la dissidence ; il faudra bien brûler ce qui reste de textes symboliques.
C’est une histoire de l’autorité et de son retournement ; il y a des victimes et des bourreaux, mais la frontière entre les deux peut vaciller. Le spectacle est constitué de moments qui sont reliés par des lieux ou par des personnes qu’on identifie peu à peu. On finit par découvrir que les personnages vivent ce qu’ils ont écrit.
On comprend qu’il s’agit constamment d’un jeu (assimilation et différenciation) entre le réel et l’imaginaire. Si l’oppression est [était] le produit de nos esprits, c’est [ce serait] une bonne nouvelle : cela signifie[rait] que nous avons les moyens de la combattre. Dans les derniers moments de la représentation, on a affaire à une nouvelle version du mythe d’Orphée : pour continuer à vivre, il ne faut pas être reconnu(e) : subsister en pensée (ou sur scène). L’idée d’une disparition progressive de l’écrit conduit à valoriser la mémoire, par suite à donner de l’importance aux arts vivants. L’hégémonie totalitaire engendre ses propres démons ; elle nourrit le germe de sa destruction.
Un conte politique qui peut se montrer parfois déroutant par ses ruptures narratives, mais dont la poésie et la puissance suggestive ne manquent pas de nous charmer et de solliciter notre réflexion.
christophe giolito
Le livre de K.
Texte, mise en scène et scénographie Simon Falguières
Avec Rosa-Victoire Boutterin, Mathilde Charbonneaux, Lomane de Dietrich, Simon Falguières, Karine Feuillebois, Myriam Fichter, Charly Fournier, Pia Lagrange, Liza Alegria Ndikita, Stanislas Perrin, Mathias Zakhar en alternance avec Guillaume Morel.
Assistanat à la mise en scène Lolita de Villers ; création lumières Léandre Gans ; création accessoires et masques Alice Delarue ; musique et conception sonore
Hippolyte Leblanc et Simon Falguières ; création vidéo Typhaine Steiner ; création costumes Lucile Charvet ; réalisation costumes Marion Moinet et Maïalen Biais ; régie générale Clémentine Bollée ; régie plateau Roméo Rebière ; régie son Hippolyte Leblanc ; accompagnement scénographique Emmanuel Clolus ; dramaturgie LSF
Vincent Bexiga ; adaptation et jeu LSF Vincent Bexiga et Katia Abbou.
Au Théâtre Nanterre-Amandiers – Centre Dramatique National
7 avenue Pablo-Picasso, 92022 Nanterre
Du 30 septembre 2026 au 17 octobre 2026
du mercredi au vendredi à 19h30, le samedi à 18h30, le dimanche à 15h30.
Durée : 2h30. Tél. : 01 46 14 70 00. www.nanterre-amandiers.com.
Également du 17 au 21 novembre 2026 au Théâtre Dijon Bourgogne,
les 25 et 26 novembre au Quai à Angers,
le 3 décembre au Préau à Vire,
le 17 décembre au Tangram à Evreux, le 10 avril 2027 à l’ACB à Bar.
Production, diffusion, administration Martin Kergourlay et Justyne Leguy Genest ; communication Romane Bricard ; presse Bureau Nomade ; production Compagnie le K ; coproduction ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie, Théâtre Nanterre-Amandiers, Théâtre Dijon Bourgogne – CDN, Le Quai – CDN Angers, Transversales – Verdun dans le cadre du projet européen GRACE, Théâtre National de Liège dans le cadre du projet européen GRACE, Théâtre National Populaire ; avec la participation artistique du Jeune Théâtre National ; partenariat Le Moulin de l’Hydre ; la compagnie est conventionnée par le Ministère de la Culture (direction régionale des affaires culturelles de Normandie) la Région Normandie et le Département de l’Eure.