Jus d’eau
J’aime battre le pavé, sans méchanceté, près de la pompe à eau où les mouches sucent ce jus pour leur reconstitution constante, obstinée, implacable. C’est du cinéma burlesque américain mais sans courses éperdues, ni hordes de fiancées. Juste le ballet des insectes assoiffés qui ne trébuchent jamais envers et contre toute logique.
Victorieuses de l’hostilité des choses, de telles impériales pratiquent la résistance rythmique voire la vitesse énervée quasi sportive. Les condensations rétives de leur mouvement par le feuillage de leurs ailes créent des mouvements d’une vue presque impossible. Bref, leur une écriture en pattes de mouches reste bien plus qu’un style.
jean-paul gavard-perret
Photo : Martin Parr