Jørn H. Sværen, Musée britannique

Jørn H. Sværen, Musée britannique

Un souffle irrégulier de Svaeren s’attaque aux clairières et sentes. Ses jambes renvoient à quelque antique marathonien ou asperge d’hypermarché. Le vent fait frissonner ses narines tandis que l’ensemble de son corps se gélifie en raison parfois du crachin salivaire. Toutes ces choses pourraient sembler mornes mais elles impliquent une manière de perfection, loin de l’ennui. Des comparaisons viennent parfois comme un soldat sur une poule mais dont le luxe serait de le laisser fumer sa cigarette.
Dès lors, le livre alterne proses et poèmes. Les sujets sont divers de même que lieux et faits. Se succèdent de courtes narrations des temps remontés de l’antique jusqu’aux présents. Des extraits de lettres créent des énoncés sibyllins de quelques lignes. Par exemple, Actéon est évoqué « mi-homme, mi-cerf… il regarde par-dessus son épaule en direction du chien debout sur deux pattes qui s’agrippe à sa hanche. Nous sommes les chiens « .

Narrations, paysages mythologiques quasi hyperréalistes, réels mythologiques, représentations participent à des énoncés dans une communauté exotique dont le symbolisme titille l’imagination. Les pages lacunaires déjouent toute une récurrence lassante : une certaine ordonnance crée sa logique là où, comme l’auteur l’écrit, « La réaction contre la métaphore dans la poésie ressemble à la réaction contre le figuratif dans l’art pictural. Le vers libre ouvre une série de négations ». Preuve qu’il n’existe pas là une solution de continuité.

Jørn H. Sværen, Musée britannique, Eric Pesty, 2026, 176 p. – 19,00 €.

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