Jean-Marie Morant, Une Odeur de havane

Jean-Marie Morant, Une Odeur de havane

Une intrigue plutôt bien conçue mais qui s’essouffle sur la fin.

Juliette Garcin, directrice d’une agence bancaire franco-libanaise, est retrouvée morte dans la forêt de Marly. La belle jeune femme a été violée, battue et sauvagement assassinée. Très vite, les soupçons se portent sur son amant, Christophe Bonaventure. L’inspecteur Joachim Kenner, qui avait été acculé à la démission pour cause d’incompatibilité d’humeur avec le tout nouveau chef de la police, est rappelé en renfort par son ancien supérieur, Julien Bargrave. En se penchant sur la vie de la victime, Kenner découvre une série d’éléments troublants : tout porte à croire qu’il ne s’agit pas d’un simple crime passionnel.
Menée dans l’ombre, son enquête le conduit de Saint-Germain-en-Laye à Nice, puis à Beyrouth, ville secrète et envoûtante où il découvre que les protagonistes de cette affaire ne sont pas ce qu’ils laissent paraître et que ce meurtre n’est que la partie émergée d’un iceberg politique dont les enjeux dépassent largement la simple enquête de routine.

Journaliste politique de formation, Jean-Marie Morant a sévi dans divers organes de presse. Il est par ailleurs l’auteur de cinq romans et Une odeur de havane marque son retour au polar. Il met à profit sa connaissance du monde politique, des enjeux des conflits proche-orientaux et des menaces terroristes, dans un roman souvent intéressant, parfois même haletant, à l’intrigue plutôt bien conçue.
On sent poindre dans la forme les leçons de l’école américaine qui fait le succès des grands maîtres du thriller : prenez plusieurs personnages comme autant de nœuds d’une intrigue, faites-les intervenir successivement dans des chapitres courts, levez peu à peu un coin de voile sur des passés tourmentés ou des intentions inattendues dont le limier démêlera l’écheveau, au fil d’une enquête palpitante qui mettra sa vie en péril. Pas très original, me direz-vous ; certes, mais efficace, vous répondrai-je.

Mais n’est pas Harlan Coben qui veut, et ici, l’histoire, pour intrigante qu’elle fût, mâtinée d’un fond politico-économique, s’essouffle un peu sur la fin, au moment-même où elle devrait nous emmener vers le sommet. Par ailleurs, la qualité d’écriture est inégale et la plume fourche un peu trop souvent à notre goût, semant nombre d’erreurs grammaticales et autres approximations syntaxiques propres à vous gâcher la lecture.
Pour finir, le style de l’auteur est parfois fluide mais souvent empesé, alourdi par des images rebattues, comme celle de « l’expert comptable, aussi triste que des chiffres alignés sur un registre ». Les experts comptables apprécieront…

agathe de lastyns

   
 

Jean-Marie Morant, Une Odeur de havane, Editions Héloïse d’Ormesson (collection Polar), février 2010, 206 p. – 17,00 €.

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