Jean-Jacques Marimbert, Carnaval

Jean-Jacques Marimbert, Carnaval

Jean-Jacques Marimbert fait vibrer le carnaval. Celui de miracles qui nous dépassent eu égard, et entre autres, aux prodiges d’un bestiaire – du plus proche et petit jusqu’à l’exotique. Exit les eaux tranquilles et les verts pâturages tant demeurent d’ici ou là bas ceux qui « guerroient » – parfois un peu à la Villon (frère d’âme du poète et auquel il rend hommage à sa manière). Les escogriffes de notre planète sont de diverses natures chacun à leur manière (à quatre pattes, dans les airs ou en pleine mer), dragonniers de ce carnaval qui, plus loin que celui des fous, détient le record de longévité.

Le poète grimé en mage ou pote âgé cultive son jardin de sapience et de lyrisme. Ses gains escomptés tournent au mixage des temps, du rêve et de la réalité. Peu à peu, entre solitude et impolitesse, poussent sous le cristal argenté de la lune des mousquetaires aux mousquetons sous masques de taffetas zinzolin. Ils n’en ont rien à secouer et encore moins de nouveaux mystères humains conditionnés par l’inhumain où se donne ce lot ce superbe chant en deux temps et deux X – pas forcément ceux de l’inconnu.

Néanmoins, des squelettes « villonnesques » décolorés cherchent visiblement à donner plus de relief à la vie de ceux dont l’esprit émergent de l’instinct de conservation. Ils trouvent dans l’inconfort un moyen d’améliorer le goût d’une vie où la religion du progrès finirait par achever le progrès des religions. Par cette affaire étrangère, ce mélodrame blanc cousu de fil noir.

Ascète de la liberté, Jean-Jacques Marimbert peut passer de la Garonne et ses murs roses aux palmiers assombris de Tunisie ou aux bords du Léman, jusqu’à l’éclatement de l’écriture. Peu à peu, ses pages deviennent un empire sur lequel le soleil ne se couche plus. Les animaux plus que les hommes y sont au mieux de bien petits bonhommes. Ils se refusent toutefois dans leur jeu de go home à l’idée déjà présente chez Eschyle : celle de transmettre une âme aux fétiches d’acier. Leurs gaffes les font plus Gaston qu’Achille même s’ils gardent parfois l’estomac dans les talons.

jean-paul gavard-perret

Jean-Jacques Marimbert, Carnaval, Editions Aux Cailloux des chemins, mai 2025 – 14,00€.

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