Henri Michaux, Le jardin exalté

Henri Michaux, Le jardin exalté

Cette plaquette poétique est l’un des derniers livres publiés du vivant de l’auteur (en 1983). Il est réédité par Fata Morgana que Bruno Roy – ascendant littéraire de David Massabuau son héritier – avait publié. Henri Michaux dépeint un jardin à la campagne oscillant entre vue et invention, « Dose faible, endroit calme, ciel dégagé », sous l’effet progressif des psychotropes.

Ce havre de paix et les corps qui l’observent sont en perpétuelle métamorphose : « Ce que rameaux et feuilles peuvent figurer, aucun bras comme aucun corps de femme ou d’homme, aucune danse humaine ou animale n’aurait pu le réaliser. » La précision de l’auteur souligne comment des nonchalances suivies de reprises inattendues produisent dans sa psyché et dans l’instant des moments « déchaînés, indépassables ».

Dès lors, l’esprit, transformé en chair et muscle, métamorphose les arbres, le réel et en visions poétiques qui valsent en rythme : un paradis explose et la littérature devient expérience psychédélique aux émanations souveraines. Des débordements à n’en plus finir, sont – écrit Michaux, devenu une nouvelle fois visionnaire – « élastiques » dans les dérèglements des sens et une mentalisation. Celle-ci change le cours des choses en un jardin extraordinaire.

jean-paul gavard-perret

Henri Michaux, Le jardin exalté, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2025, 32 p. – 9,00 €.

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