Gras miné
Droit d’N. S.
Rester-chez-moi est la forme de ma-vieillesse. Ce n’est pas une idée “neuve” : je m’étais déjà confiné sans être Saint Sébastien ni son archer. L’important n’était pas d’être mais de demeurer en mon désordre tout en rattrapant son mixage sans refus de présenter un certificat d’insémination de littérature. Mais c’est un rare plaisir que d’écrire en solitude.
Sur ma table. Il n’y a rien à regarder – sinon quelques plans supposés qui exigent une vraie conscience. Mais je m’affaiblis : ni homme ni humain, sans crainte et sans espérance. J’abandonne les marques de mes doigts lors de mes injections d’encre et leurs virus. Tout cela n’est bon qu’à mettre à la poubelle. Jaune au demeurant. Je vous en rappelle la présence capitale pour éviter d’être accusé de je ne sais quoi même si jadis j’ai sans doute jeté une insulte plutôt qu’une pierre.
La première est cultivée comme pratique de l’invective aux fondateurs de la civilisation qui guigne la troposphère. Mais mon écriture n’ébranle pas plus le sol que la faim du monde. Preuve que les ânes ne manquent pas plus de droit que l’aînesse.
jean-paul gavard-perret
photo : Josef Koudelka