Giulio Rincione, Dirt 3
Fin de partie
Dirt est un dessin animé qui vit dans le monde des humains. Sa complexité et sa désillusion sont précisément le résultat d’une exposition prolongée à des êtres humains. Devenu personnage, Dirt est sexiste, fumeur, grincheux et narcissique, apparemment extravagant et drôle. C’est un véritable anti-héros, protagoniste de la série de comics du même nom.
Giulio Rincione le dessine uniquement en fonction du public, par peur d’être oublié. Ici, Dirt ne parle jamais de son créateur, rien n’est connu de lui. La terre est le gribouillage d’un enfant, ou d’un junkie, dessiné à la hâte avec un marqueur sur un autocollant, à un arrêt de métro.
Quelqu’un a alors décidé d’utiliser ce gribouillage pour créer un personnage à budget zéro et l’utiliser comme mascotte d’une marque de cigarettes. C’est ce qu’on nous raconte dans le livre, et le plus drôle, c’est que c’est aussi plus ou moins ce qui s’est passé dans la réalité.
Dans ce livre – troisième partie de la série post-apocalyptique – , après avoir défié Darius Skeento, l’influenceur qui règne sur la ville de Skeentopolis avec un régime de sourires faux et de règles étouffantes, Dirt a fini derrière les barreaux. Son destin ? Participer à un dernier spectacle, une mise en scène mortelle qui sanctionnera sa fin définitive.
jean-paul gavard-perret
Giulio Rincione, Dirt 3, Tunué Edieioni, 2026 – 24,00 €.