Giovanni Maria Sacco, Metafisica concerta / Concrete metaphysics
Les volumes du vide
C’est en 1916 en Italie que naquit « officiellement » le mouvement « Metafisica » dont les chefs de file furent De Chirico, Carrà, De Pisis et Savinio. Une telle peinture trouve ses origines et ses images de proue dans l’univers onirique inventé d’ailleurs par le premier cité. Ce fut là sa marque de « fabrique » avant ce que certains considèrent comme ses « dérives » finales. Influencé par le symbolisme pictural de Böcklin et de Klinger, et par la philosophie de Nietzsche et de Schopenhauer.
Après De Chiricho, Giovanni Maria Sacco crée des photos composées de figures régies par des principes mystérieux parfois annexées à l’esthétique surréaliste. Ces « pièces » forment un voyage métaphysique fascinant et inhabituel à travers l’Italie. Le tout en photographies noir et blanc, dont beaucoup sont grand format, représentent des lieux mystérieux et troublants. Les architectures – instruments de géométrie – ne sont là que pour mettre en abyme le regard d’un spectateur pris dans l’étau de deux univers opposés : d’un côté, un réalisme classique, de l’autre, et à travers lui, une sorte de monde quasiment de science-fiction propre à suggérer non le rêve mais diverses formes de peur. Le tout en absence de figuration humaine face au plein des formes. Celles-ci suggèrent son fantôme, son néant ou son vide.
jean-paul gavard-perret
Giovanni Maria Sacco, Metafisica concerta / Concrete metaphysics, éditeur Contrasto, 2026, 144 p. – 30,00 €.