Pierre-Damien Huyghe, La forme-cinéma

Pierre-Damien Huyghe, La forme-cinéma

Selon Pierre-Damien Huyghe, un projet global prévaut, qu’on exprime aujourd’hui en ces termes : réguler l’intégration sociale et former des acteurs pour un monde où la concurrence économique vaut comme principe. Face à ce projet, il oppose l’idéal que propose le cinéma. Mais pas n’importe lequel. Certains cinéastes en effet ne se sont pas donné les moyens d’accéder à une position de pouvoir mais d’ouvrir des perspectives de vie . Selon lui, l’exercice du cinéma en tant que tel a été parfois l’occasion de manifester des formes possibles. En conséquence, « La forme-cinéma » contient des analyses notamment sur l’appareil à travers Aldrich, les œuvres d’Antonioni, la critique, etc..

L’auteur pousse encore plus loin en mettant à mal la haute idée de la distraction que suscite le cinéma, en l’opposant aux variations de Straub-Huillet et Godard. Il montre que, même si l’industrie depuis la toute fin du XIXe siècle n’a pas cessé de faire venir jusqu’à nous des films, il reste des « avatars » (plus ou moins sublimes) où ils s’exercent loin de simples productions.
Ses réflexions restent parfois tirées sur la pellicule tant l’auteur voudrait prouver le lien viscéral entre technique filmique et production. Reste d’ailleurs que dans le Septième art demeurent une « aube et éveil » dont la fin ne justifie pas les caisses. S’y produit parfois un art qui échappe à ses règles et ses doxa par une technique et un imaginaire qui renversent les données immédiates du cinéma.

Pierre-Damien Huyghe, La forme-cinéma, éditions De L’incidence, 2025, 200 p. – 19,00 €.

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