Fred Duval & Ingo Römling, Metropolia – t.02 : « Les Bordures extérieures »
Mais quel futur !!!
L’action se déroule à Berlin en 2099. L’énergie manque depuis des décennies. Les voyages sont devenus impossibles pour la quasi-totalité des gens. Les pas des citadins sont changés en une monnaie. Sasha Jäger, qui veut rejoindre le Tennessee pour retrouver l’amour de sa vie, doit accepter des missions hors normes, mais bien rémunérées, pour Métropolia, un puissant consortium.
Un ado perdu des bordures assiste à la destruction d’une grue excavatrice de Metropolia. L’urbanisation sans freins, qui repousse les limites de la ville, est contestée. Mais Metropolia ne peut rester sans réagir, les pertes sont trop importantes et des telles actions obèrent l’avenir.
Eva Schneider retrouve Sasha qui essaie de nouvelles chaussures, qu’elle lui paie. Elle veut qu’il identifie les commanditaires et les exécuteurs de l’attentat. Et rapidement !
Entre les concurrents qui n’acceptent pas de perdre des appels d’offres, les mafias qui gèrent les trafics, les camps de réfugiés et les passeurs, les associations qui luttent pour une ultime défense de l’écologie, le choix est large. Mais, dans ces bordures extérieures où la loi n’existe pas, tout est danger…
Cette série s’appuie sur une idée poussée à l’extrême, une situation terrestre de plus en plus d’actualité : la raréfaction de l’énergie. La Méditerranée est devenue un cloaque et les capitales se sont murées, devenant des villes-mondes dont il est aussi difficile de s’évader que d’y rentrer.
Dans cette enquête, le scénariste propose une mission de tous les dangers pour son héros, un héros confronté à la résistance, pour diverses raisons plus ou moins honnêtes, contre l’extension sans mesure de la bétonisation à outrance. Avec Sasha, il explore diverses catégories sociales. Si dans le tome précédent, celui-ci était un architecte, ici, il devient un soudeur haut de gamme.
Riche en trouvailles scénaristiques, comme les enfants cigognes, en actions diverses, en péripéties variées, ce récit se suit avec un bel intérêt.
Les planches sont très agréables au regard. Elles sont l’œuvre de Ingo Römling pour le dessin et de Christophe Bouchard pour la mise en couleurs. Usant d’un trait élégant, le dessinateur anime une galerie de protagonistes réalistes. Certes, ceux-ci sont porteurs de diverses inclusions, tatouages et éléments de robotisation. Mais compte tenu de ce qu’on peut voir en la matière en 2026, cela semble plus que plausible en 2099. Les décors sont superbes, que ce soit dans le confort des établissements de luxe ou dans la misère des bidonvilles. L’accompagnement de la couleur pour la création des ambiances est particulièrement réussi.
Une série que l’on aimerait voir continuer tant pour son propos humaniste que pour l’originalité du contexte, son intrigue inventive, la succession des péripéties, et sa galerie de personnages bien représentatifs.
serge perraud
Fred Duval (scénario), Ingo Römling (dessin) & Christophe Bouchard (couleur), Metropolia – t.02 : « Les Bordures extérieures », Dargaud, mars 2026, 56 p. – 17,50 €.