Epices et Ah !

Epices et Ah !

Chaque jour est inventé selon des combinaisons inédites du connu et de l’inconnu. Peut-être parfois un aujourd’hui. Mais quand ? On peut alors s’éveiller sur une terre couverte de neige comme une mort qui vient calme et lente. Est-ce déjà notre sortie de secours? Mais il n’y a pas de recours : juste son vortex autour de son propre axe. Tout en ayant d’abord demandé au désir ce qu’il peut souhaiter : rien de plus – sinon la tendresse qui abolit la pesanteur entre deux chairs (si chacun sait se tenir entre ange et bête).

Alors, va pour un érotisme d’autant plus troublant qu’il est civilisé en nous penchant sur notre propre vide depuis le parapet d’autrui. Au-delà du lit, des rêves, du caprice, partager la vie est une sorte d’haptonomie : c’est comme mettre la main sur des poignées ou des boutons, sortir la vaisselle, dresser la table, toucher les couverts, les verres et finalement la poser sur le moulin à poivre et sur le petit bol de sel. De tels épices restituent leur goût complice du vent violent, des pensées de Kierkegaard ou des contes d’Andersen, des dialectes de l’eau dans un robinet voire le parfum indéfinissable d’un secret – celui même du baiser d’adieu.

Photo : Jean-Marc Flauraud

Laisser un commentaire